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  Neptunien

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Hagakure


MessageSujet: Neptunien
Ven 17 Nov 2017 - 10:48

Patti Smith :



"Je veux aller plus loin et parvenir à rendre plus floues encore les frontières entre fiction et non-fiction."

"Je ne planifie jamais. Je vais sur le lieu du concert, je m'en imprègne, je m'imprègne des gens et c'est là que je décide."

"J’ai toujours été rêveuse. Le professeur disait à ma mère : “Elle est dans les nuages.” Mais être au monde en temps réel est une illusion : l’esprit n’est pas linéaire, il est comme un pois sauteur."

"J'ai refermé mon carnet et suis restée assise dans le café en réfléchissant au temps réel. S'agit-il d'un temps ininterrompu ? Juste le présent ? Nos pensées ne sont-elles rien d'autre que des trains qui passent, sans arrêts, sans épaisseur, fonçant à grande vitesse devant des affiches dont les images se répètent ? On saisit un fragment depuis son siège près de la vitre, puis un autre fragment du cadre suivant strictement identique. Si j'écris au présent, mais que je digresse, est-ce encore du temps réel ? Le temps réel, me disais-je, ne peut être divisé en sections, comme les chiffres sur une horloge. Si j'écris à propos du passé tout en demeurant simultanément dans le présent, suis-je encore dans le temps réel ? Peut-être n'y a-t-il ni passé ni futur, mais seulement un perpétuel présent qui contient cette trinité du souvenir. J'ai regardé dans la rue et remarqué le changement de lumière. Le soleil était peut-être passé derrière un nuage. Peut-être le temps s'était-il enfui ?"

"Mais, secrètement, je savais que j'avais été transformée, bouleversée par la révélation que les êtres humains créent de l'art et qu'être artiste, c'est voir ce que les autres ne peuvent voir."

"Je n’avais jamais l’impression que la capacité de vaincre venait de moi. Il me semblait toujours qu’elle se trouvait dans l’objet lui-même. Un éclat de magie animé par mon toucher. De cette façon, je trouvais de la magie en toutes choses…"

"Comme artiste je ne veux pas être jugée en fonction d’une catégorie ou d’un sexe, ni confinée à un mouvement. Je suis juste une humaniste, et une artiste."

"Je ne veux pas être chanteuse, je veux être poète !, ai-je crié un jour à Burroughs. Il m’a répondu : “L’un n’empêche pas l’autre.” Je n’oublierai pas cette phrase."

"Je vis dans et à travers mes livres."

"J’étais complètement éprise des livres. Je voulais les lire tous, et ceux que je lisais généraient de nouveaux désirs."

"On dit que les enfants ne font pas la distinction entre les objets vivants et inanimés ; je crois au contraire que si. Un enfant fait dont à sa poupée ou à son soldat de plomb d'un souffle de vie magique. L'artiste anime ses œuvres de la même façon que l'enfant anime ses jouets."

"Petite, je me voyais devenir missionnaire. J’étais très pieuse et assoiffée d’héroïsme. A la maison, nous devions vivre selon les Ecritures et quand j’ai embrassé la voie artistique, j’ai dû renoncer à ma religion. Ce fut une décision très intense et douloureuse qui continue même aujourd’hui à nourrir chez moi un conflit intérieur."

"Les vraies révolutions partent de la collectivité. Je crois profondément que nous pouvons changer le monde."

"J’ai toujours admiré l’existence frugale, dépourvue de besoins subalternes. J’ai toujours voulu suivre cette voie du dénuement et de la contemplation sans en être capable. Parce que ma nature m’a toujours poussée à créer, à écrire, à enregistrer, à dessiner, à faire de la photo, je me suis finalement retrouvé à l’exact opposé de la figure abstinente, non productive du saint. Constantine’s Dream, qui était à l’origine une chanson inspirée par un cauchemar que j’ai fait à propos d’une apocalypse écologique, a finalement mis en avant cette question philosophique qui m’a toujours tenaillée."

"Je vais aller dans une église pour me recueillir. Ensuite, j’irai faire une promenade dans un jardin. Paris n’en manque pas. J’adore cette période. Sa dimension métaphorique m’émeut toujours autant. Le rituel, la rupture du pain et ces paroles merveilleuses : ‘Ceci est mon corps, qui est donné pour vous... Faites ceci en mémoire de moi’ (Luc 22.19). Quelle belle introduction pour un texte de chanson !"

"Qu'est-ce que l'âme ? De quelle couleur est-elle ? Je composais mes propres prières, j'articulais, sans bruit, de longues lettres à Dieu."

"L'enfant, dérouté par l'ordinaire, entre sans effort dans l'étrange, jusqu'à ce que la nudité l'effraie, le confonde ; là il cherche une certaine protection, un certain ordre. Il entrevoit, il glane, assemblant un fol édredon de vérités - des vérités sauvages et nébuleuses, dont c'est à peine si elles frôlent en fait la vérité."

"On comprend mieux le monde, avec plus de compassion, malgré les erreurs passées. On comprend que notre seule mission est de permettre aux nouvelles générations de trouver leur propre voie."

"C’est bien la seule compensation au fait de vieillir. On perd son look, on perd sa beauté, on perd ses dents et ses cheveux. Mais notre esprit, lui, si on s’en donne la peine, s’ouvre et étend ses capacités de compréhension."

"J’ai 68 ans, je suis grand-mère, mes cheveux sont de plus en plus blancs, mais je regarde toujours les choses d’un œil nouveau. Je ne m’ennuie jamais, et chaque fois que je relis Peter Pan, j’ai 11 ans."



Aurélien Masson a écrit:
Elle trace une pérégrination proche de Nerval, une méditation métaphysique, de port en port, qui nous fait marcher derrière elle comme sur un fil. Quand je lis Aurélia, j’ai envie de prendre Nerval dans mes bras, et avec Patti de même : elle crée un sentiment de communauté.

Annie Leibovitz a écrit:
Patti adore se métamorphoser. Nous avons essayé différentes tenues, et finalement je l’ai capturée telle qu’elle était arrivée : avec sa veste noire d’homme et sa croix de prêtresse mystique autour du cou…
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Hagakure


MessageSujet: Re: Neptunien
Sam 18 Nov 2017 - 9:50

Gérard de Nerval :



"Je suis l'autre."

"Il est certains conteurs qui ne peuvent inventer sans s’identifier aux personnages de leur imagination. Ce qui n’eut été qu’un jeu pour vous… est devenu pour moi une obsession, un vertige."

"Je voyage pour vérifier mes rêves."

"Le rêve est une seconde vie."

"Ici a commencé pour moi ce que j'appellerai l'épanchement du songe dans la vie réelle..."

"Nous sommes tous d’anciens perroquets et les perroquets étaient des hommes enchantés."

"Le rêve est une seconde vie. Je n’ai pu percer sans frémir ces portes d’ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible. Les premiers instants du sommeil sont l’image de la mort ; un engourdissement nébuleux saisit notre pensée, et nous ne pouvons déterminer l’instant précis où le moi, sous une autre forme, continue l’œuvre de l’existence."

"Swedenborg appelait ces visions Memorabilia ; il les devait à la rêverie plus souvent qu’au sommeil ; l’Ane d’or d’Apulée, la Divine Comédie de Dante, sont les modèles poétiques de ces études de l’âme humaine. Je vais essayer, à leur exemple, de transcrire les impressions d’une longue maladie qui s’est passée tout entière dans mon esprit ; – et je ne sais pourquoi je me sers de ce terme maladie, car jamais, quant à ce qui est de moi-même, je ne me suis senti mieux portant. Parfois, je croyais ma force et mon activité doublées ; il me semblait tout savoir, tout comprendre ; l’imagination m’apportait des délices infinies. En recouvrant ce que les hommes appellent la raison, faudra-t-il regretter de les avoir perdues... ?"

"Je me jugeais un héros vivant sous le regard des dieux ; tout dans la nature prenait des aspects nouveaux, et des voix secrètes sortaient de la plante, de l’arbre, des animaux, des plus humbles insectes, pour m’avertir et m’encourager. Le langage de mes compagnons avait des tours mystérieux dont je comprenais le sens, les objets sans forme et sans vie se prêtaient eux-mêmes aux calculs de mon esprit ; — des combinaisons de cailloux, des figures d’angles, de fentes ou d’ouvertures, des découpures de feuilles, des couleurs, des odeurs et des sons, je voyais ressortir des harmonies jusqu’alors inconnues."

"Comment ai-je pu exister si longtemps hors de la nature et sans m’identifier à elle ? Tout vit, tout agit, tout se correspond ; les rayons magnétiques émanés de moi-même ou des autres traversent sans obstacle la chaîne infinie des choses créées ; c’est un réseau transparent qui couvre le monde, et dont les fils déliés se communiquent de proche en proche aux planètes et aux étoiles. Captif en ce moment sur la terre, je m’entretiens avec le chœur des astres, qui prend part à mes joies et à mes douleurs !"

"J’attribuais un sens mystique aux conversations des gardiens et à celles de mes compagnons. Il me semblait qu’ils étaient les représentants de toutes les races de la terre et qu’il s’agissait entre nous de fixer à nouveau la marche des astres et de donner un développement plus grand au système."

"Mon rôle me semblait être de rétablir l’harmonie universelle par l’art cabalistique et de chercher une solution en évoquant les forces occultes des diverses religions."

"Le vin est le plus traitre des compagnons ; il vous prend dans un palais et vous laisse dans un ruisseau."

"On se couche dans l'herbe et l'on s'écoute vivre,
De l'odeur du foin vert à loisir on s'enivre,
Et sans penser à rien on regarde les cieux..."

"Lorsque l’âme flotte incertaine entre la vie et le rêve, entre le désordre de l’esprit et le retour de la froide réflexion, c’est dans la pensée religieuse que l’on doit chercher des secours ; — je n’en ai jamais pu trouver dans cette philosophie qui ne nous présente que des maximes d’égoïsme ou tout au plus de réciprocité, une expérience vaine, des doutes amers ; — elle lutte contre les douleurs morales en anéantissant la sensibilité ; pareille à la chirurgie, elle ne sait que retrancher l’organe qui fait souffrir."

"Me trouvant seul, je me levai avec effort et me remis en route dans la direction de l'étoile sur laquelle je ne cessais de fixer les yeux. Je chantais en marchant un hymne mystérieux dont je croyais me souvenir comme l'ayant entendu dans quelque autre existence, et qui me remplissait d'une joie ineffable."

"Ce qu'on appelle le pressentiment ressemble fort au poisson précurseur qui avertit les cétacés immenses et presque aveugles que là pointille une roche tranchante, ou qu'ici est un fond de sable."

"Nous sommes loin de l’heureux temps
Règne de Saturne et de Rhée,
Où les vertus, les fléaux des méchants,
Sur la terre étaient adorées,
Car dans ces heureuses contrées
Les hommes étaient des enfants."

"Nous buvions l'oubli dans la coupe d'or des légendes, nous étions ivres de poésie et d'amour."

"Homme, libre penseur ! te crois-tu seul pensant
Dans ce monde où la vie éclate en toute chose ?
Des forces que tu tiens ta liberté dispose,
Mais de tous tes conseils l’univers est absent.

Respecte dans la bête un esprit agissant :
Chaque fleur est une âme à la Nature éclose ;
Un mystère d’amour dans le métal repose ;
« Tout est sensible ! » Et tout sur ton être est puissant."


Alexandre Dumas a écrit:
Il était un esprit charmant, distingué, chez lequel de temps en temps un certain phénomène se produisait qui par bonheur (ils l’espéraient tous) n’était pas inquiétant. Tantôt il est roi d’Orient il a retrouvé le sceau qui invoque les esprits, il attend la reine de Saba, et alors, il n’est nulle conte qui vaille ce qu’il raconte à ses amis… qui ne savent s’ils doivent le plaindre ou l’envier. Un jour, il se croit fou et raconte comment il l’est devenu et avec un si joyeux entrain, que chacun désire le devenir pour suivre ce guide… tantôt c’est la mélancolie qui devient sa muse, alors retenez vos larmes, si vous pouvez, car jamais Werther, jamais René, jamais Anthony n’ont eu plaintes plus poignantes, sanglots plus douloureux, paroles plus tendres, cris plus poétiques…
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Chiron Petitpatapon

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MessageSujet: Re: Neptunien
Sam 18 Nov 2017 - 19:18

Bien marqué par Vénus et Pluton aussi, le gégé.
J'ignorais qu'il était Gémeaux.
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Hagakure


MessageSujet: Re: Neptunien
Mar 21 Nov 2017 - 13:00

William Wordsworth :



"J'errais solitaire comme un nuage qui flotte, là-haut, par monts et par vaux."

"Notre destin, cœur et foyer de notre être,
Est avec l'infini, et là seulement."

"La poésie est le premier et le dernier des savoirs, elle est aussi immortelle que le cœur de l'homme."

"Il n’y a de bonne poésie que dans le déferlement spontané des émotions : ceci étant, les poèmes offrant quelque valeur, quel qu’en soit le sujet, ont toujours été écrits par un homme qui, doté d'une nature sensible exceptionnelle, les aura de plus mûrement réfléchis."

"Ces petits gestes, anonymes et oubliés, emplis de gentillesse et d'amour, sont la meilleure partie de la vie d'un homme."

"La poésie est la surabondance spontanée de sentiments puissants; son origine se trouve dans l'émotion dont on a souvenance dans la tranquillité."

"Car souvent, quand je m’allonge dans mon lit,
L’esprit rêveur ou pensif,
Elles viennent illuminer ma vie intérieure
Qui est la béatitude de la solitude ;
Et mon cœur alors, s’emplit de plaisir
Et danse avec les jonquilles."

"La Nature à son bel ouvrage
Liait l'âme qui coule en moi;
Et mon cœur déplorait l'ouvrage
De ce que l'homme à fait de soi."

"Mon cœur bondit lorsque je vois
S’élancer un arc-en-ciel :
Ainsi était-ce au début de ma vie;
Ainsi est-ce maintenant que je suis un homme ;
Qu’il en soit ainsi quand il me faudra vieillir,
Ou bien que je meure !"

"BEAUTÉ DU CALME

Ce n'est pas seulement la guerre ni l'amour,
Ni les maux éclatants d'une âme inconsolée,
Ni les trônes fameux s'écroulant tour à tour,
Qui peuvent inspirer la poésie ailée.

Elle aime l'humble asile où la Paix fait séjour ;
Il lui plaît de gravir la colline isolée
Et de voir la chaumière à la fin d'un beau jour
Qui fume vers le ciel du fond de la vallée.

L'effort secret lui plaît, le modeste bonheur,
Le cœur simple qui loin des yeux humains se fane ;
Elle aime à contempler le ruisseau diaphane,

Cristallin parce qu'il voyage avec lenteur.
Pour toujours plaire il faut une musique douce ;
La plus suave fleur se cache dans la mousse."

"POÉSIE INTÉRIEURE

Il est doux de marcher tenant les yeux baissés
Sur le sentier bordant le bois ou la prairie,
Mais sachant la campagne autour de soi fleurie
Et sans le voir sentant le sourire des cieux ;

Cependant qu'une molle et lente rêverie
Envahissant notre âme heureuse par degré,
S'insinue entre les beaux sites admirés
Et glisse au milieu d'eux son décor de féérie.


Poète, brise avec la muse, dès le jour
Où s'éloignent de toi la Pensée et l'Amour.
As-tu pour compagnons l'Amour et la Pensée,

Qu'importe si tes yeux sont clos ou grands ouverts !
Le ciel intérieur répandra la rosée
De l'inspiration sur tes plus humbles vers."

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Hakuna-Matata

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MessageSujet: Re: Neptunien
Mar 21 Nov 2017 - 20:01

Quatre ans que je n ai pas passe une seule nuit a dormir en dehord d un voilier...sur l eau....merci neptune
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Imogen

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MessageSujet: Re: Neptunien
Mer 29 Nov 2017 - 15:41

Fred Vargas et son personnage phare, le neptunien commissaire Adamsberg



" Adamsberg tira une chaise et s'assit en allongeant les jambes, fermant le petit cercle des trois hommes devant la cheminée.
- Il n'empêche, commença-t-il - et sa phrase s'arrêta là, comme souvent, faute d'une pensée assez précise pour pouvoir la poursuivre.
Danglard n'avait jamais pu s'accoutumer aux brumes indécises de l'esprit du commissaire, à son absence de suivi et de raison d'ensemble. "

" Danglard se renfrogna tout en commençant son transfert d’images. Il détestait ce « Je ne sais pas », l’une des phrases les plus récurrentes d’Adamsberg, qui l’avait maintes fois conduit sur des chemins indistincts, parfois de véritables vasières. C’était pour Danglard le prélude aux marécages de la pensée, et il avait souvent redouté qu’Adamsberg ne s’y engloutisse un jour corps et biens. "

" Peut-être que notre pensée tombe dans nos pieds. "

" Adamsberg termina son café et posa son menton dans sa main. Il lui était arrivé en des tas d'occasions de ne pas se comprendre, mais c'était la première fois qu'il s'échappait à lui même. La première fois qu'il basculait, le temps de quelques secondes, comme si un clandestin s'était glissé à bord de son être et s'était mis à la barre. "

" Danglard resta muet. Les yeux d'Adamsberg étaient incontestablement singuliers. Faits d'une matière aussi fondue que celle des algues brunes et pouvant, comme elles, étinceler brièvement sous des lumières rasantes. "

" Et seul Adamsberg était capable de distordre la vie ordinaire pour en extraire ses incartades, ses courts éclats de beauté saugrenue. "
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Navane

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MessageSujet: Re: Neptunien
Mer 29 Nov 2017 - 17:32

Rien que pour cette phrase "Et seul Adamsberg était capable de distordre la vie ordinaire pour en extraire ses incartades, ses courts éclats de beauté saugrenue.", il faut que je le lise sourire
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Imogen

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MessageSujet: Re: Neptunien
Mer 29 Nov 2017 - 18:11

Oui Navane, ça te plaira ! C'est extrait du roman intitulé Sous les vents de Neptune (ça ne s'invente pas :) ).
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Navane

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MessageSujet: Re: Neptunien
Mer 29 Nov 2017 - 18:34

C'est noté, ça va être lu Wink
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Hagakure


MessageSujet: Re: Neptunien
Dim 3 Déc 2017 - 11:57

Stanislas de Guaita :



"Les hommes, ballottés au vent de la détresse,
Sur l'océan du Spleen en tous temps, en tous lieux -
Fleurs fatales, ont bu votre suc, dont l'ivresse
Les a guidés au port du trépas glorieux!..."

"Mais Nous, qui redoutons les Puissances magiques
et l'occulte Science, et l'Ombre, et la Fureur
De vos effluves noirs puissamment léthargiques,
Nous ne parlons de vous qu'en frissonnant d'horreur!"

"Pourtant, Fleurs dangereuses,
Vous êtes généreuses
Parfois – et guérissez
Les coeurs blessés!
Douce est votre caresse
Aux parias, qu'oppresse"

"Ton Opium, ô plante,
Lui rend l'âme indolente."

"Divin Haschich, tu livres
Les belles houris ivres
- Aux lèvres de corail
- De ton sérail."

"Salut, Flore équivoque!
L'infortuné t'invoque:
Dompteuses de douleurs,
Salut, ô fleurs!
Soyez bénis, en somme,
Sucs qui versez à l'homme
Au visage pâli
Le calme oubli!"

"O buveurs d'opium, de haschisch et d'absinthe,
Qui, vivants, savourez les délices du ciel, —
Vous frayez rarement avec la Muse sainte.
Lévites raffinés de l'Artificiel !

"Pour les divins concerts l'homme n'a plus d'oreilles !
Pour les splendeurs du Beau le peuple n'a plus d'yeux !
De l'Art miraculeux dédaignant les merveilles.
L'humanité stupide a renié ses dieux..."

"Je rêve, à ma table accoudé,
Et mon cœur bondit et s'élance
Vers mon rêve, d'attraits fardé.
Tentant comme une belle femme.
Décevant comme un coup de dé. "

"Dans un bal tournoyant elle revoit les siens
Amoureux, dont plusieurs, partis pour l'autre monde,
Sont ressuscités par ses yeux magiciens..."

"— N'était-elle pas belle et laide, la Chimère ?
— Tel vin laisse-t-il pas au palais enfiévré
Une étrange saveur, très douce — et très amère ?"

"J'étais au bois — divine école d'esthétique. —
Mon âme bondissait et mon œil regardait.
Et, le Monde chantant son éternel cantique,
Mon cœur, comme un intime écho, lui répondait."

"— O Génie Universel, ô Pan ! Sur la rive des mers
Le cri qui résonna fut un affreux blasphème,
Quand le nautonier grec, frappé de stupeur, blême.
Entendit une voix jaillir des flots amers :

Pan, le dieu Pan est mort! — Il palpite, il respire
Dans la terre et le ciel : jamais il ne mourra !
Sa voix, sa grande voix toujours retentira
Dans l'onde qui mugit, dans le vent qui soupire !
Gloire à Pan ! C'est de lui qu'émane l'Art sacré!
C'est lui que nous chantons, quand nos chants sont sublimes
C'est lui qu'il faut sertir en gemme, dans nos Rimes..."

"J'arrachai mon regard du ciel illimité.
Et, devant moi, je vis une petite fille
En haillons, cheveux courts, errante et sans famille,
Qui me tendait la main avec humilité."

"Pauvre chétive enfant ! Pâle blonde qui vagues,
Toute seule, écorchant aux ronces tes pieds nus.
Et parcours en pleurant les sentiers inconnus,
Au gré de tes instincts irréfléchis et vagues !"

"Que vas-tu devenir, petite abandonnée,
Dans le monde méchant, railleur, obscène et dur ?
Ton cœur sera souillé, lui si doux... lui si pur...
O ma mignonne sœur, pourquoi donc es-tu née?"

"Et les pâles noyés, silencieusement,
De l'océan grondeur, qu'une Voix a fait taire,
Émergent, — et sur eux plane le grand mystère
Du Bonheur infini, — de l'éternel Tourment."

"Toi qui sais lire dans le vide
Où tes grands yeux hallucinés
Se fixent comme fascinés
Par une vision livide"

"Rebelle à la Réalité,
Peut-être que notre œil débile
Ne sait pas distinguer les mille
Spectres dont le monde est hanté"

"Il s'efforce à chanter, de sa voix languissante,
La Nature féconde et l'immense Univers.
Il veut nous inonder des splendeurs qu'il voit luire;
Mais son ivresse — hélas ! — il ne peut la traduire,
Et son rêve doré s'écroule dans ses vers."

"Se berçant au flot vert de la ramée, un nid
De rossignols des bois — urne de mélodie —
Verse un gazouillement qui roule, à l'infini,
Ses vibrations d'or, sur la brise attiédie."

"Et, s'il nous faut mourir au service d'un Rêve,
Grands utopistes, fous sublimes, — nous mourrons !"

"Que de rêves, en ton atmosphère, ont fleuri!
Quand je fume, — à travers ma vitre, la Nature
Me paraît un éden fait pour la créature
Par Dieu, dont la bonté sur nos fronts a souri."

"Stupide humanité, tueuse de prophètes !
Jésus-Christ t'apportait l'Amour, pour que ton cœur
Fût rempli tout entier de son hymne vainqueur...
Jésus a fait pour toi les choses qu'il a faites.
Il voulait ton bonheur. L'en as-tu pas puni ?
Tu ne peux tout comprendre; or tu pouvais tout croire
Et tout aimer!... L'Esprit, dont tu vantes la gloire,
N'est qu'incommensurable, — et le cœur infini."

"Astronomes, scrutez l'immensité des cieux!
Vos instruments n'ont pas une immense portée ;
De la poussière d'or à l'abîme jetée
A peine quelques grains éblouiront vos yeux!"

"Naturalistes vains, jamais le microscope
Ne saura dévoiler à vos yeux le tableau
Des univers roulant dans une goutte d'eau :
D'un mystère profond l'Infini s'enveloppe."

"Oh ! pourquoi, Despréaux, ne sais-tu pas pleurer ?
Si je sentais ton cœur, je pourrais t'admirer."

"Il faut que la Pitié, fécondant la Matière,
Donne un vaste soupir à la Nature entière.
Et que la Gaîté même ait une larme à l'œil.
L'Insensibilité, c'est le morne cercueil
De l’âme qui rechigne aux passions fécondes;
La Pitié, c'est la mer des voluptés profondes !"

"Si la Brise, à travers leur branchage qui ploie
Chuchotant mollement, ne portait à la joie?
Nous que berce, sous leur ramure qui jaunit.
Un sentiment de paix et de calme infini."

"Ah! nous le sentons bien, que nous sommes les frères
De ces arbres en proie aux bises funéraires."

"Voici notre esthétique, à nous : savoir pleurer !
La harpe de l'Esprit a pu chez toi vibrer.
Mais la harpe du Cœur, ô Maître, était muette...
Et c'est pourquoi jamais tu n'as été poète!"

"La Coca, comme le Haschich, mais à d'autres titres, exerce sur le corps astral une action directe et puissante; son emploi coutumier dénoue, en l'homme, certains liens compressifs de sa nature hyperphysique, – liens dont la persistance est pour le plus grand nombre une garantie de salut. Si je parlais sans réticences sur ce point-là , je rencontrerais des incrédules, même parmi les occultistes."

"Je dois me borner à un conseil.– Vous qui tenez à votre vie, à votre raison, à la santé de votre âme, évitez comme la peste les injections hypodermiques de Cocaïne. Sans parler de l'habitude qui se crée fort vite (plus impérieuse encore, plus tenace et plus funeste cent fois que toute autre du même genre), un état particulier a pris naissance."

Michel de Lénizier a écrit:
Il était fort riche, et s'était adonné aux sciences occultes sans savoir ni méthode. Il n'y voyait que le côté pittoresque à la Rembrandt, à la Téniers, à la Jordaëns. Vêtu d'une robe rouge, l'épée à la main, dans un décor que n'eût pas désavoué Breughel, il évoquait les phantasmes et dissolvait les larves. La vérité est que, saturé de morphine et d'alcool, il croyait réellement voir des animaux grimper le long de ses membres, et des spectres s'agiter obstinément sous ses yeux.

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Neptunien

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