Forum Astrologie gratuit

Forum Astrologie pour apprendre à lire une carte du ciel et plus.
 
AccueilForumPortailAujourd'huiFAQRechercherClic Pour Nous RejoindreS'enregistrerConnexion






Ciel à l'instant


Éphémérides


Position actuelle des planètes

Astrodienst

Astrocarillon
Les 4 déesses


Voir les nouveaux messages depuis votre dernière visiteVoir ses messagesVoir les messages sans réponses
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetPartagez | 
 

 Journal d'un fou

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage

Maldoror

avatar

MessageSujet: Journal d'un fou
Ven 12 Oct 2018 - 17:02

Rappel du premier message :

Le vendredi, tout particulièrement, il salue tous ceux et celles qu'il croise dans la rue (de sa fenêtre).
Revenir en haut Aller en bas

AuteurMessage

Maldoror

avatar

MessageSujet: Re: Journal d'un fou
Dim 14 Oct 2018 - 1:01

Le dimanche, dès l'aurore, dans la rue, il salue sa fenêtre avant de partir au bureau.

On a dit qu'il se lassait des énigmes incendiaires jaillissant du fond de son gosier de véhémente manière. Apparitions et autres fantasmagories qu'il tentait d'éteindre ensuite avec force picrate. Billevesées. Beaucoup de choses ineptes circulaient sur son compte bien qu'il n'ait plus un radis (noir). D'autant que ce n'était pas du tout la saison.

Entre temps sa voisine à l'opulente poitrine l'avait à nouveau croisé, mais dans l'escalier cette fois. Très avenante, toute pimpante et fraîchement maquillée, un sourire magistral illuminait son visage. Il la trouva finalement très appétissante. Totalement à son goût. Définitivement.

Le désir des hommes s'est un jour pendu à un sourire de femme.

- Depuis le temps qu'on se croise, il serait peut-être temps que je me présente, dit-elle.

- Vous êtes Neptunia, c'est ça?


-Non, pas du tout. Moi, je m'appelle Aurore...

Elle était vraiment magnifique à l'autopsie du cadavre (exquis) qu'on avait repêché dans le fleuve, à l'autre bout de la ville.

Dehors, un homme en veston sombre faisait encore les sans pas. Toutes les 30 secondes, regardait sa montre.
-Cheliel est-il? Cheliel est-il? répétait-il en boucle.
Revenir en haut Aller en bas

Maldoror

avatar

MessageSujet: Re: Journal d'un fou
Lun 15 Oct 2018 - 0:55

-Toc toc toc
- André 
- Toc toc
- J'ai dit André 

(une voix derrière la porte)
- J'suis pas André, je suis Farid
- Farid?
- Oui Farid Hanibal

(le directeur marketing de la société agro-alimentaire se lève de son fauteuil et va ouvrir la porte)
- Ah, c'est vous... excusez-boi j'ai un rhube
Revenir en haut Aller en bas

Maldoror

avatar

MessageSujet: Re: Journal d'un fou
Mar 16 Oct 2018 - 2:41

D'une fois, il s'était réveillé. Un cauchemar. Une horreur. A l'endroit où l'homme au veston sombre regardait sa montre en répétant en boucle cheliel est-il, une voiture beige était garée sur le parking. Le coffre avait été forcé par deux agents en civil. A l'intérieur une tête. Une tête de femme.
De loin, on aurait dit Aurore, sa voisine.

Lorant Dutsch fit une très courte apparition avant de tourner deux fois autour du rond-point et disparaître.
Revenir en haut Aller en bas

cheliel

avatar

MessageSujet: Re: Journal d'un fou
Mar 16 Oct 2018 - 11:24

Il en tremblait encore rien que d’y penser, le corps trépidant dans des spasmes erratiques, l’esprit abêtit par son imagination pleine de ces visions troublantes et traumatisantes (mais que venait faire Laurent Dutch dans tout ça ?). Et si l’aurore avait la tête coupée, les jours nouveaux seraient-ils à jamais perdus dans la brume ?

Des sueurs froides coulaient le long de son dos et il se demanda quand ces irrépressibles vibrations cesseraient de hanter ses chairs. Il craignait parfois d’être atteint de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, avec toutes ces farines animales que son travail lui avait fait respirer, sa démence avait peut-être une origine professionnelle. Prions pour que cela ne se révèle pas être le début de sa fin.

Il regarda sa montre sans fixer réellement son attention sur l’heure. C’était juste un réflexe que le stress appelait au premier plan de sa conscience pour la rassurer d’habitude. Pourtant, les aiguilles tournaient à l’envers et l’autre barjo qui stationnait en bas de son immeuble aurait dû demander : « Leilehc est-il ? ».
Revenir en haut Aller en bas

Navane

avatar

MessageSujet: Re: Journal d'un fou
Mar 16 Oct 2018 - 11:42

*Vous êtes beaux d'être fêlés*
Revenir en haut Aller en bas

Joc

avatar

En ligne
MessageSujet: Re: Journal d'un fou
Mar 16 Oct 2018 - 11:52

Il retrouva un instant son calme en entendant la bande originale de "La Boum" que diffusait à tue-tête l'auto-radio d'une ambulance en panne de gps...qui passait près de lui au ralenti...
Revenir en haut Aller en bas

Maldoror

avatar

MessageSujet: Re: Journal d'un fou
Mar 16 Oct 2018 - 14:20

"Dreams are my reality"flottait effectivement dans l'air ouateux où tout le chloroforme s'échappait par le pot d'échappement d'une ambulance à l'arrêt.

En son crabe, qu'il avait de cranu, tel un girophare, les aiguilles n'arrêtaient pas de tourner, mais à l'envers effectivement. « Leilehc est-il ? " lui réverbérait le miroir.

La fée, jadis sortie de son oreille ressemblait à un oeil. Un calot de couleur pituite. Ce vert gluant qu'on retrouve parfois dans la bile de ces malheureux orang outans à l'agonie.

En zoomant dessus, l'oeil le ramenait à cette tête. Cette tête de femme décapitée.
Etait-ce l'oeil d'Aurore? Etait-ce la tête d'Aurore?
Il ne la distinguait pas parfaitement.

Il était encore trop tôt pour frapper à sa porte pour en avoir le coeur net. Peut-être dormait-elle encore. Peut-être aussi dormait-elle, à tout jamais.

Et Neptunia, dans l'affaire?

Il se coula un long frisson tout le long de l'échine. Il était doux et chaud et sans bulles excessives.
Revenir en haut Aller en bas

cheliel

avatar

MessageSujet: Re: Journal d'un fou
Mer 17 Oct 2018 - 18:45

Il s’emmêlait les pinceaux, il ne savait plus. Les instants de doutes, à demeurer tendu comme un string l’avaient usé. Le plaisir ressemblait à sa peur d'exister.

Neptunia n’était pas Aurore, même si elle s’élevait sur le fil de l’horizon nocturne, comme une étoile lointaine sur un nouveau tour de questions. Peut-être qu’elle n’avait tout simplement pas compris que la règle d’un jeu d’interrogations était de percer le mystère plutôt que d’en devenir un elle-même.

Toujours était-il que la fée avait fait au fou un joli pied de nez, trouvant dans les beautés fêlées, la générosité de disperser sa poudre d’or et combler des failles en les rendant aussi précieuses que l’enseignement des cicatrices.

Pourtant, un peu plus tôt dans cet étrange fin de semaine, elle avait eu son quart d’heure d’incohérence en susurrant à l’oreille du pauvre soulard, des scènes d’absurde où elle se torturait à lui ressembler.

Enfin, peut-être que l’homme n’était pas assez net pour y comprendre sa propre dérive et il en revenait toujours à Aurore. Sa voisine se faisait assez discrète les dimanches où il partait travailler pour rejoindre d’autres malades du capital à rhuminer, et imaginer qu’elle puisse perdre la tête sans qu’il ne l’ait vue une dernière fois, lui faisait perdre la sienne.

L'aurore était peut-être menteuse, mais sa présence fugace participait à maintenir au quotidien, ses maigres repères.

Mince, il se dégradait pour ressembler au bougre d'en bas, lapin fou d’Alice, qui rivait son attention sur le temps comme une huitre s’accroche au rocher pour résister aux vagues.

Ça avait déjà commencé et s’il se souvenait bien, un trou noir occupait son histoire de la nuit de vendredi jusqu’à l’aube de ce jour béni où le travail n’était plus l’affaire du Seigneur, mais des saigneurs de l'écologie.

Il tira sur ses cheveux et se plaignit de sa propre violence en un gémissement pitoyable. Et si la décapitation de sa voisine n’était pas un délire glauque de pochetron (pervers narcissique ?), cela signifiait qu’il en avait été le témoin et peut être l’acteur inconscient. A vrai dire, il se remémorait plus facilement ses formes généreuses que les détails de son visage.
Revenir en haut Aller en bas

Maldoror

avatar

MessageSujet: Re: Journal d'un fou
Mer 17 Oct 2018 - 19:48

Finalement, il se prit à penser que cet homme statique en complet sombre et gardien des montres pourrait lui en dire plus.
A condition que ce ne soit pas une projection de sa (mauvaise) conscience.
Qui était-il au juste, ce quidam mystérieux; feu-follet d'une imprécation aussi sourde que divine? Un journaliste, psychanalyste, un objecteur de confiance, un instigateur de la chambre noire en recherche du scoop, une égrégore? A moins qu'il ne soit lui même l'assassin de cette femme?

Lorsqu'il reprit ses esprits, il se vit sous sa fenêtre en train de dire bonjour à tout qui passait. On n'était pas vendredi pourtant. Entre les coups, il regardait sa montre. Son complet était devenu sombre. L'ambulance, la tête, tout avait disparu.
Seule, une fée se tenait devant lui.

-Chelia, elle s'appellait Chelia,
lui dit la fée en lui tendant une plate de rhum.

Et il avala le contenu d'un trait.
La fée était verte et goûtait bien l'absinthe.
Revenir en haut Aller en bas

Elheya

avatar

MessageSujet: Re: Journal d'un fou
Mer 17 Oct 2018 - 20:45

Lentement, le liquide irradiait dans son corps et sa vision commençait à changer.
Des couleurs vibraient, des sons étranges et lointains dirigent sa conscience...là, en bas de son immeuble ; où il regardait toujours sa montre...et son complet gris.

"Leilehc est-il ? " s'entendit-il dire encore à voix haute.

"6h66....Neptunia...à l'aurore...je suis toi au futur..." résonna entre ses perceptions de ces réalités superposées.

Une voix étrange mais pourtant pas inconnue...
Revenir en haut Aller en bas

Maldoror

avatar

MessageSujet: Re: Journal d'un fou
Mer 17 Oct 2018 - 21:18

Une voix étrange qui s'était tue.
Il pensa immédiatement à son cyprin doré (à la nageoire coupée).
Peut-être qu'en le mettant sur écoutes, il pourrait lui en dire plus au sujet de Neptunia?

Après tout, lui aussi était un "agité du bocal".
Revenir en haut Aller en bas

Navane

avatar

MessageSujet: Re: Journal d'un fou
Jeu 18 Oct 2018 - 18:45

Un peu plus tôt dans la journée.

Dans le parc se situant devant l'immeuble, une jeune femme avait pris place près d'un banc.
Elle aimait venir ici prendre son goûter, bouquiner. Elle aimait venir ici car il y avait toujours des gamins qui venaient la rejoindre. Elle adorait les gamins, sans détour et d'une fraîcheur revigorante.
Elle aimait toujours prendre ce temps ici avant d'aller voir son frère.

L'homme vêtu d'un blouson noir faisait les cent pas près de l'arrêt de bus. Il allait et venait en jetant des coups d’œil inquiets à sa montre.
Elle le croisait ici de temps en temps et semblait cristalliser bien des interrogations derrière cette fenêtre là-haut.

Sans réfléchir, dans un élan spontané, la jeune femme le héla « Hey, oui, vous... bonjour, temps mort. Ça vous dirait de causer de tout et rien entre deux biscuits ? ».
Une faille dans le continuum espace-temps. Voilà ce qui venait de s'ouvrir devant l'homme au blouson à ces mots inattendus en résonnant au loin dans sa conscience.
Il remonta leur cours à l'envers jusqu'à se retrouver près d'elle. Dans un élan spontané, sans réfléchir.

Invité par un sourire apaisant, il s'assit à ses côtés. Ils partagèrent ses biscuits entre quelques envolées où les "tout et rien" se mêlèrent d'éternel dans un moment hors du temps jusqu'à ce que la femme remarqua que l'homme portait sa montre à l'envers :
_ Le temps semble vous tourmenter. Vous vous attardez beaucoup sur votre montre alors que le temps, lui, n'attend personne.

Sur les paroles de la jeune femme, il regarda aussitôt le cadran dans un réflexe de survie.
Un sourire las s'esquissa alors sur son visage quand il se rendit compte de son geste. Un sourire à l'allure de brèche dans lequel elle progressa sous ses airs de rien :
_ Et puis, vous risquez de perdre pied à faire les cent pas. De vous perdre. Le sol pourrait se dérober sous vos pieds, ou vous y enfoncer, tandis que le temps continuerait, lui, à s'écouler inexorablement en boucles d'infini.

Alors qu'il fixait un point au loin, l'homme au blouson répondit :
_ C'est trop tard, j'ai déjà perdu pied. Je n'ai pas le temps. Je dois y aller, désolé. Je n'ai plus le temps. Le temps est mort et tous mes espoirs avec. Je dois y aller, merci pour ces tout et rien, je dois y aller. Au revoir.

Prise de court par son départ soudain, la jeune femme lança à l'homme pressé « Ne lui courrez pas après. Ne tuez plus le temps dans ces sans pas de peur qu'il ne vous tue. N'oubliez jamais qu'il n'attend personne et que rien ne se perd. Pas même lui, tant il est fourbe. Je serais là demain avec du fondant au chocolat. Et comme on ne refuse jamais un fondant, je dis vous revoir plus tôt qu'un au revoir. ».
Il n'était déjà plus là.

Elle leva la tête vers la fenêtre. Il l'observait, un verre à la main.
C'était le moment de ramasser ses idées, ses biscuits et son conte de la folie ordinaire pour s'engouffrer dans l'immeuble et aller le rejoindre.

Toc!, toc!, toc!

Quelqu'un frappa à la porte du fou. Ce battement régulier... Était-ce le mécanisme des aiguilles de la montre de l'homme en bas qui remontait jusqu'à lui ? Il regarda vers la fenêtre, non, il avait disparu. Le temps emportait tout. C'était bien connu. Aucun répit, pas même pour son propre gardien.

Toc!, toc!, toc!, c'est moi ouvre-moi !

Cette voix qui se déployait dans chacune de ses fibres, cette voix psychédélique qui s'étirait en lui en suivant le court des verres qu'il venait de siffler. Cette voix familière qui revenait et résonnait sans cesse.
Il secoua la tête, se la prit entre les mains et gémit entre ses dents « sors de là, à la fin ».

Toc!, toc!, c'est juste moi, c'est rien, c'est rien. 
Il se dirigea vers la porte et y colla son front pour reposer son esprit dans ce qui traduisait un aveu de lassitude.
Il le releva, le reposa sur le rythme du martèlement infernal. Encore et encore.
Ces images qui le hantaient depuis des jours. Ce corps exquis. Cette tête qui ne lui revenait plus. Toc!, toc!, Neptunia, le blouson, la montre, 6h66, 7h77, les flashs, les couleurs.

De plus en plus en fort, il cogna. Les coups se firent si violents que Cyprien, avec des yeux de merlans frits écarquillés, stoppa net sa danse des vilains petits canards. 

Et cette putain de voix qui criait derrière « Arrête, s'il te plaît ! Tout va rien, je suis là. ».

Toc!, toc!, toc!.
Réalités superposées, boum-boum, dreams-dreams, cheliel ou la cuisse d'aurore, sa tête, mais quelle tête?, fée ambulance, la morte qui manquait de savoir vivre, chelia-mais où ça?, passé imparfait, futur conditionnel, toc!, toc!, l'heure du goûter, l'aura, la lumière, cheliel...
Toutes ces images qui lui fracturaient les esprits dans une effervescence insupportable. Qui se jouaient de lui jusqu'à ce qu'il s'effondra d'épuisement le long du mur.

Quand il reprit conscience, il était allongé sur le canapé avec la tête dans un étau. Migraine de folie.
Quelques cachets de Navane traînaient en vrac sur la table basse.
La fée était là, juste en face de lui.

Elle était bien là. Il n'y croyait pas, il le savait qu'elle existait. Il ne pouvait l'avoir inventée. On invente pas une fée.
_ Hey, salut, comment ça va ?
_ Où ça ?
_ Où tu veux... Tu m'as foutue une sacrée trouille, dis donc. Tu ne me voyais plus. Comme si je n'étais qu'un air de rien. Je t'ai donné quelques cachets de fraises tagadas pour te calmer.

Il se frotta les yeux et lorsqu'il les rouvrit, la fée n'était plus seule. Elle tenait fermement dans la main un homme au visage carré.
_ Craquant, n'est-ce pas ? Je l'ai vu et me suis dit que j'en ferais bien mon quatre heure. Je te présente mon nouvel amoureux, le sens de ma vie. Benoît, BN pour les intimes.
_ Enchanté de faire votre connaissance Benoît, répondit le fou, à peine cordial. 

À vrai dire, il se demandait s'il n'était pas davantage enchianté qu'enchanté. Cet homme ne lui inspirant qu'une odeur de casse-noisettes.
S'il fallait se coltiner la fée, le fou était franchement plus hésitant pour se tartiner le casse-noisette. Casse-bonbon et casse-noisette formaient pourtant un joli couple, certes, mais il y avait forcément andouille sous roche.

Ce regard torve, ce sourire de petit faux-cul, ces paroles qui suintaient l'hypocrisie... Et pire que tout, nom de Deutsch!, un affreux string sur la langue qu'il faisait claquer en copie qu'on forme du macron en boîte. Celui-là même qu'il avait gerbé il y a quelques jours.

La 2ème nageoire à couper de Cyprien que BN était un pervers.

C'est en se demandant s'il avait des champignons ou des plumes dans le fion que l'horreur lui sauta aux yeux : cet homme n'avait pas de cul. Il n'était qu'un visage.
Où était passé son corps ? Aurore l'avait-elle mangé ou est-ce lui, l'infâme personnage, qui lui avait fait perdre la tête ? La fée était-elle tombée du côté obscur de la farce ?

TROU NOIR.

Demain, c'est vendredi.
Revenir en haut Aller en bas

Maldoror

avatar

MessageSujet: Re: Journal d'un fou
Ven 19 Oct 2018 - 20:28

C'était vendredi et il n'avait plus envie de dire bonjour à personne.

Il s'était à nouveau assis sur ce banc où la fée lui était apparue. Castagnette ou casse-bonbons, il était de toute façon trop tard pour faire des claquettes ou se coltiner un quatre-heure. Par contre, il se souvenait très bien de ce qu'elle lui avait dit. Et pour lui tout était clair (enfin).

Chelia, la morte, avait une soeur jumelle. Et il n'était pas impossible qu'elle se nommât Neptunia. Enfin, ceci ayant été corroboré par son poisson rouge, Arnold, qu'il n'avait pas manqué de soumettre à la question en lui tordant la nageoire droite.

Dehors des passants se retournaient vers lui, en tirant des tronches de carême.

- Alors, on ne dit plus bonjour, on est vendredi pourtant...


Il trouva ça d'une grande mesquinerie. D'autant plus qu'il n'était pas dans la rue, même si comme l'avait très bien rappelé la fée, tous les chemins mènent au rhum.



Revenir en haut Aller en bas

cheliel

avatar

MessageSujet: Re: Journal d'un fou
Dim 21 Oct 2018 - 13:37

Si après s’être entretenu avec la fée et Arnold, il avait l’indicible sensation de se rapprocher du dénouement de cette sombre affaire de corps exquis sans tête, il n’en demeurait pas moins morose.

Une lampée d’élixir distillée devrait lui flouter l’esprit et apaiser cette humeur incertaine qui pesait sur ses épaules, tel un baluchon regroupant ses lourdes désillusions. Cela tombait bien, derrière lui, une bouteille le narguait et attendait qu’il la vide pour mieux s’emplir d’une ivresse salvatrice.

Il délaissa la vue du dehors et retrouva son canapé pour river son attention sur les formes féminines d’une flasque. Elle trônait sur la table basse telle une caricature de Marie-Antoinette, perdue au milieu d’un fouillis de déchets mêlés à d’autres reliquats asséchés.

Cette reine, insidieuse manipulatrice, gouvernerait-elle l’étrange cimetière qui la recueillait, une fois que son acquéreur se serait occupé d’elle ? Devait-il la dévisser, boire à même son coup et se transformer en un vampire avide d’oubli ?

La vision d’Aurore lui manquait cruellement et sa voisine semblait s’être présentée la semaine précédente, pour mieux s’évaporer dans l’invisible. Menteuse d’intérêts. Rhumia, sa seule conquête du jour, paraissait plus à même d’abreuver ses espoirs, mais les sursauts d’Arnold dans son bocal l’empêchait de se décider à se désaltérer.

― Je suis toi au futur, baragouina le monstre marin à travers la paroi de sa prison d’eau, des bulles éphémères s’échappant d’entre ses lèvres pour s’élever et s’éclater à la surface de son récipient.

― Tu es moi au présent, espèce d’encaillé à la nageoire tordue, lâcha l’homme, agacé au point qu’il ne se retourna même pas vers son animal pour lui répondre. Je tourne en rond entre quatre murs à m’imaginer être les autres plutôt qu’à redevenir toi. Tous vos bonjours sont des mirages, mais ils sont sans visages. Des cadavres sans identité, qui simulent la vie pour distraire les puissants.

― Oubli ce taulard, Missiou, il ne sait pas s’amuser. Tu ferais mieux de dévisser Rhumia et t’engourdir de sa substance, déclara le petit bonhomme imprimé sur l’étiquette de la bouteille, se permettant même un clin d’œil complice.

― Non, elle ressemble trop à Chelia, elle… elle a des airs de Neptunia, je ne veux pas, je ne peux pas, se crispa le fou qui devait résister à l’envie de céder. J’ai trop oublié et ma petite fée m’a prévenu, elle m’a montré, geignit-il en tirant sur ses cheveux.

Une larme s’échoua dans son sourire tyrannique et un éclat de rire sorti de la gorge du cinglé qui renifla dans la foulée. Il devait peindre, c’était le moment. Il fallait qu’il sorte une toile pour y vomir les couleurs ternes de sa solitude et leur insuffler la lumière de son inspiration improvisée.

Echevelé, il se leva brusquement et couru à travers son studio pour installer rapidement la page vierge d’un nouveau chapitre à barioler de paradoxes...
Revenir en haut Aller en bas

Maldoror

avatar

MessageSujet: Re: Journal d'un fou
Lun 22 Oct 2018 - 14:01

― Je suis toi au futur, baragouina le monstre marin à travers la paroi de sa prison d’eau, des bulles éphémères s’échappant d’entre ses lèvres pour s’élever et s’éclater à la surface de son récipient.

Ce leviathan miniature ne cessait de l'interroger. D'autant que comble de hasard, il était également du signe des "poissons" dans l'astrologie tropicale. Ce carassius auratus appartenant à la famille des cyprinidae était peut être son double. Son döppelganger aquatique.

Après tout, ne s'était-il pas retrouvé lui aussi avec une phalange de doigt coupée, le jour après avoir tranché la nageoire gauche de son petit animal domestique?

Le billet estampillé du nom de Neptunia avait été craché plus tard en soirée. Un peu comme un aveu à rebours du carassin mutilé.

Quant à Aurore, sa voisine qu'il trouvait à présent totalement avenante, elle ne pouvait être feue la propriétaire de la tête coupée, puisque selon la fée, elle appartiendrait à Chelia, la soeur jumelle de Neptunia.

A moins bien sûr qu'Aurore fût le double de Chelia ou de sa jumelle Neptunia, ce qui était également une possibilité.

Et puis le corps repêché à l'autre bout de la ville pouvait-il appartenir à ces noms de femmes précitées? Rien n'était moins sûr. Peut-être faudrait-il se rendre à la morgue. Le cadavre pourrait nous en révéler plus. Déjà au niveau de la densité mammaire (un indice important!) de la victime. Histoire de faire le lien avec Aurore ou... les autres... ?

Non, tout ça ressemblait plus à une perte de temps qu'autre chose.

Il vida Rhumia totalement, rassembla ce qui lui restait comme esprits et décida de franchir le corridor pour prendre des nouvelles de son opulente voisine, Aurore.

-Toc, toc!


Revenir en haut Aller en bas

Elheya

avatar

MessageSujet: Re: Journal d'un fou
Lun 22 Oct 2018 - 15:18

-Toc, toc ?
Titubant, il compris que c'était encore trop tôt dans la journée.

Alors il sortit trois tubes de couleurs de leur boîte.

Rouge, blanc, noir.

Il lui fallait absolument exorciser ce rêve qu'il avait fait cette nuit, pour projeter hors de lui ces scènes mouvantes de l'horreur absurde.

Il revoyait ce petit homme en complet trois pièces impeccablement taillé, orné d'une cravate "green ireland" ; débouler du ventre d'Arnold, inopinément transformé en un grand cachalot blanc.

Après avoir craché le gus dans un dantesque rôt bullesque, celui-ci se mit à courir au milieu de la foule rassemblée là... au jardin public, où sa fée prenait son goûter de PN.

Armé d'un mégaphone et perché sur un petit caisson de rhum, l'hurluberlu se mit à postillonner en hurlant à tout va :

"Il est bôoooo mon poiiiiiissooooon, elle est fraîche ma saaaaaardiiiiiine !"

Et il n'en pouvait plus de s'égosiller de telle sorte, que tout le monde alentour commençait à s'agglutiner pour mirer le show.
Ebahi, magnétisé, le populo n'avait jamais entendu une telle vertigineuse hauteur mystique poissonnesque de leur vie...

"Je suis l'avenir de votre fuuuuutuuuuur !
Je suis nooootre Proooojeeeeet !


Il avait la voix de plus en plus cahoteuse et ses yeux commençaient à s'exorbiter.

Haussé sur la pointe des pieds, il éructa un dernier

"Je libérerai les poissons verts et les baleines à deux booooossses !
Faites-moi confianceuhhhhhhh !


Abrutis par le son de son discours, personne n'entendit les sirènes se rapprocher en hurlant...

Et d'un coup, d'une ambulance sortirent un groupe d'hommes en blanc, tandis qu'à l'opposé, un escadron de cagoulés tout en noir bondissait d'un fourgon blindé.

Ni une ni deux, ils se sautèrent dessus, à se mélanger le noir et le blanc, dans une telle mêlée tantrique que même Durga n'aurait pas retrouvé ses petits...

Seringues et tonfas volèrent dans une étreinte sublime, et la foule commençait à rugir d'extase.

Et ça gicla d'un coup.... Rouge... tout rouge...
Le sang se mit à couler de cette masse informe de gris pâteux, tellement que la marée rouge atteignit les pieds du politicus ridiculus qui, soudain, se trouva blême et coi.

N'ayant jamais vu de sang de sa vie, le pauvret, pris d'émotivité irrépressible, tourna tout simplement de l’œil et s’effondra de son piédestal, de toute sa gravité.

Une dernière sirène hurla, et le fou se réveilla.
Il regarda son réveil, il était 6h66.

"Drôle de cauchemer" se dit-il.

_ _ _ _ _ _ _ _ _ temps mort

22h22.... il appuya sur chacun des trois tubes, trempa son pinceau sur sa palette et commenca à peindre.

Rouge, blanc, noir...façon mandala tantrique, pendant qu'Arnold bullait dans son aquarium...

-Toc, toc! entendit-il...
Revenir en haut Aller en bas

cheliel

avatar

MessageSujet: Re: Journal d'un fou
Lun 22 Oct 2018 - 21:56

Je suis toi au futur, baragouina le monstre marin à travers la paroi de sa prison d’eau, des bulles éphémères s’échappant d’entre ses lèvres pour s’élever et s’éclater à la surface de son récipient.

Il était de retour dans son canapé, devant cette Rhumia qui le narguait. Cela ne se pouvait et pourtant, la nuit s’était rembobinée pour accélérer son cœur dans d’impensables sursauts d’incompréhension. En proie à l’incrédulité, le fou se retourna vivement vers le meuble où du haut d’un bocal on l’observait se perdre. Combien de fois allait-il revivre cette même scène, combien ?

Il fusilla du regard, la créature écailleuse qui barbotait dans son angoisse. Il remarqua alors qu’en dépit de ses efforts, de ce qu’il avait détricoter depuis la première fois que ce facétieux rouget lui avait dit ces mots, malgré son aisance à s’extirper de cette affirmation sentencieuse, tout s’était annulé comme des bulles d’oxygène s’évaporant de l’eau pour rejoindre le grand air. Devait-il accepter de devenir Arnold ?

Reset sur ses délires, ses ivresses infernales, ses cauchemars dantesques. Reset sur son monde qui se rétrécissait à cette boucle redondante qui par trois fois l’avait piégée dans sa propre prison de temps. Reset, entre noir et blanc, rouge sang, les trois nuances de l’amant.

Cheliel est-il ? se demanda-t-il, à deux doigts de se vouvoyer tant il ne se reconnaissait plus, plait-il. Les yeux écarquillés sur sa montre affichant 22h22, il n’eut pas le temps de se répondre qu’un « toc toc » bien pesé retentissait dans son antre.

Encore.

Qu’avait-il appris de ces retours si ce n’était qu’un visiteur finissait toujours par rejouer la mélodie d’une interruption impromptue ? Sceptique de candeur, le fou se leva, persuadé qu’Aurore propulsait sa révolte dans des réécritures d’amorces.

Si c’était bien elle qui produisait les sons de cette impatience à le voir ouvrir, il devait l’inviter et comprendre tout ce qu’il avait déduit de ses incursions dans ces autres vies. A moins que la fée des rations elle-même n’ait décidé de lui jouer ses tours d’inversion, randonnées d'étoiles en provision.

― Toc, toc !

Il fallait qu'il en est le cœur net et se coiffa avec ses doigts avant de pénétrer son entrée.
Revenir en haut Aller en bas

Maldoror

avatar

MessageSujet: Re: Journal d'un fou
Mar 23 Oct 2018 - 23:16

-Toc, toc!

Il s'extirpa avec difficulté de son canapé de reps vert et tituba jusqu'à la porte.

- Bonjour, j'espère que je ne vous dérange pas?


Aurore se tenait dans l'embrasure. Le teint frais, les lèvres peintes d'un rouge carmin classique, les yeux rehaussés d'une ligne de Khôl. Sur sa silhouette généreuse se dessinait un chemisier parfaitement échancré à dessein d'entrevoir la raie fatidique. La frontière aveuglante de deux galbes délicieusement chaloupés, là, en contrebas de ses yeux (à lui) fatigués.

- Ah, Aurore, je suis content de vous voir, je pensais justement vous visiter... Je m'inquiétais... Toute cette affaire...


- Oui, évidemment, je suis au courant... Le vacarme dans la rue, la voiture, le coffre et cette tête dedans... c'est atroce... Chelia m'a parlé de tout ça...

- Chelia?... Vous avez dit Chelia?

- Oui, Chelia, c'est ma soeur jumelle, bien qu'on ne se ressemble pas du tout... Elle venait me rendre visite... Elle était dans la rue, lorsqu'on a ouvert le coffre... Elle m'a tout raconté...

Sur ces paroles ma foi, fort insolites, il était totalement sorti de sa torpeur. Des sueurs tièdes lui picoraient même le front à la façon d'une cohorte de pigeons affamés, à deux doigts de lâcher leurs acides.

- Chelia, votre soeur jumelle... Mais... Mais la fée m'a dit que Chelia était la victime ...

- Dieu nous en garde... Non, c'est Chelia qui m'a prévenue... Elle aurait donc difficilement pu être la victime... En outre, elle m'a dit qu'il y avait un homme étrange sur les lieux. Arborant un complet sombre, il ne semblait pas tranquille du tout. Il tournait en rond et regardait régulièrement sa montre...

- C'est tout?

- Non, il se trouvait sous votre fenêtre et s'évertuait à dire bonjour à tout qui passait...

- Quel jour était-ce encore?

- Et bien vendredi, je crois...



Il regarda sa montre, il était 23h23.
Revenir en haut Aller en bas

Maldoror

avatar

MessageSujet: Re: Journal d'un fou
Jeu 25 Oct 2018 - 22:22

22 h 22

Il était plus que temps de remonter ce post
Revenir en haut Aller en bas

cheliel

avatar

MessageSujet: Re: Journal d'un fou
Sam 27 Oct 2018 - 8:51

23h23, 22h22, le temps continuait d’aller à rebours de son écoulement. La boucle recommençait.

L’artiste échevelé revécu une nouvelle fois la remarque d’Arnold le roux, piégé dans sa goutte d’océan. Il repassa par l’angoisse de ne plus rien comprendre, et quand sa voisine vint frapper à sa porte, il savait déjà de quoi ils allaient parler. Aurore se montra d’ailleurs agréablement étonnée qu’il soit pour ainsi dire dans la même inquiétude qu’elle.

Dites-moi Aurore, cela vous plairait-il de boire un verre de rhum en ma compagnie ? finit-il par lui demander, alors qu’un léger sourire étirait la bouche généreuse de la femme.

Cela pourrait se faire. Avec cette horrible histoire de décapitation, j’ai bien besoin d’un petit remontant.

Il la convia à aller au salon et commença à ranger précipitamment les lieux.

Je ne reçois pas souvent de visite, se justifia-t-il.

Aurore semblait pourtant loin du jugement. Au contraire, son regard se portait sur la dizaine de toiles qui étaient laissées à vue un peu partout dans la pièce.

Le jour où un artiste sera ordonné, c’est qu’il n’aura plus rien à créer. Vous avez vraiment un talent indéniable, c’est autant choquant dans la forme qu’évocateur dans le fond. Etrange, mais je ne vous imaginais pas du tout verser dans la peinture. Vous êtes tellement sérieux quand vous sortez pour travailler, avec votre costard et votre air de qualiticien capable de remarquer chaque erreur.

Bien, la voisine n’était pas la dernière des imbéciles et non content d’être pourvue d’un physique agréable, son cerveau paraissait fonctionnel. Quand l’homme eut débarrassé la table basse, il y posa deux verres et servis le breuvage qu’il s’était offert de partager avec son invitée.

La peinture est un exutoire, je ne cherche pas à donner du sens à ce que je fais.

J’ai pourtant l’impression que quelque chose relie vos toiles, une sorte d’angoisse sur le temps qui passe. Oh, je suis tellement contente que vous m’ayez laissé voir ça. C’est étrange et magnifique à la fois. Avez-vous d’autres dons ?

Est-ce qu’on peut considérer que perdre ses clefs trois fois par jour est un don ?

Aurore gratifia sa remarque d’un rire cristallin. Mon dieu, comme la voir vivre était réconfortant. Il y avait en elle une fraicheur vivifiante. Il lui apporta son verre puisqu’elle ne semblait manifestement pas encline à vouloir s’assoir. Ses doigts graciles et effilés se saisirent gracieusement du récipient et ils trinquèrent sans raison. Dans un réflexe incompréhensible, l’homme allait regarder l’heure, mais la femme l’en empêcha, en se dirigeant vers le chevalet sur lequel était disposé l’œuvre en cours.

Par tous les Dieux de l’Olympe, mais, on dirait que c’est… c’est le meurtrier, dit-elle en se retournant vers son hôte qui ne savait plus quoi faire. Vous... vous avez des visions ?

Choqué par les paroles d’Aurore, et son air sérieux, le fou regarda sa montre. 00h00. Et il sentit que le sol se dérobait sous lui.
Revenir en haut Aller en bas

Maldoror

avatar

MessageSujet: Re: Journal d'un fou
Sam 27 Oct 2018 - 17:12

Et le sol se dérobait effectivement sous leurs pieds. Un mini tremblement de terre de 3 sur l'échelle de Richter sans aucune conséquence. A peine de quoi affoler Arnold. Sinon qu'il se mit subitement à tourner dans l'autre sens.

Mince alors, il avait machinalement dessiné le meurtrier sur une toile. Comme était-ce Dieu possible?

Mais quelle ne fut pas sa réaction lorsque son appétente voisine poussa un hurlement à énucléer les châsses de tous les cabillauds de l'Arctique...

- Que vous arrive-il, ventre Saint-Quenet ?

- Votre... Votre toile...

Lâcha-t-elle, visiblement terrifiée par la toile qu'elle tenait dans ses mains. Il s'agissait d'une femme nue à la poitrine opulente et dont la tête manquait.
Revenir en haut Aller en bas

Elheya

avatar

MessageSujet: Re: Journal d'un fou
Lun 29 Oct 2018 - 20:22

Il la regardait complètement médusé par sa réaction...

-Mais enfin Aurore, calmez-vous... dit-il d'une voix qui se voulait la plus rassurante possible, car soudain, sa mémoire semblait sortir des brumes de leur breuvage ...

-C'est justement une illustration de la Gorgone à qui Persée trancha la tête ! Un ami mythologue parfois écrit et m'a sollicité il y a peu.

Aussitôt qu'il eut dit ça, il repensa...Chelia, Aurore, Neptunia...

Non... cela avait-il seulement un sens ?

Il se rappelait la prédiction de cet astrologue pour la fin de l'année à propos de quoi déjà... Neptune... Jupiter en Sagittaire... une histoire de chevaux et de Mercure...

-Pégase ! Mais oui !

Aurore le regardait ahurie et à moitié rassurée par ses explications mythologiques...

-Aurore...
dit le fou en lui prenant les mains avec douceur,
- C'est important...si Chelia est votre sœur jumelle, savez-vous qui est Neptunia ?

Elle tourna la tête vers son visage et n'eut pas le temps de répondre qu'il vit le programmateur de son vieux magnétoscope s'allumer en rouge au loin, il affichait 6:66...
Revenir en haut Aller en bas

Maldoror

avatar

MessageSujet: Re: Journal d'un fou
Mer 31 Oct 2018 - 15:00

Alors d'une fois, ses lèvres rencontrèrent celles d'Aurore.
Et ils s'embrassèrent longuement, longuement. Si bien que sans tarder il sentit quelque chose du côté de son entrejambe se raidir. Et puis sa vision se troubla. Il vogua comme ça dans une sourde béatitude, sorte de thébaïde étrange qui a pu peut-être se poursuivre des jours.

Il était bien. Profondément bien, léger, dilaté, évanescent. La kundalini semblait avoir bien travaillé.

Très bien. Juste une petite gêne au niveau de la gorge. Il se leva, se coula un verre d'eau, se rinça la glotte et recracha.
Un nouveau billet aggloméré déboula dans l'évier. Sans en être vraiment étonné, il l'écarquilla et le lu.

" Neptunia, c'est l'ailleurs. Sorte de langage codé. Tu dois quitter ce forum pour le trouver. Tu as fait ton temps ici. Tu pourras y revenir de temps en temps, plus tard ou jamais, tu verras bien... Si tu vas vers l'ailleurs tu reviendras avec le nom du ou de la meurtrier(e). Je t'embrasse, bel amour, Aurore"

Hagard, il regarda la porte. Elle était entrouverte et un rais de lumière y filtrait joyeusement. Il tourna la tête. Au pied de son canapé de reps vert, une culotte Tanga brodée de dentelles rouges achevait d'illustrer les pointillés de son esprit.

"- Partir... partir d'ici... je dois..."
se répéta-t-il intérieurement...

Et il se dirigea vers la porte.

Revenir en haut Aller en bas
 

Journal d'un fou

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetSauter vers:  


Les News



" Et Si ! ... "

Le tout nouveau bouquin d'ARKANIA est
~News~
~Vidéos~
~Musique pour Relaxer~