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 poésie du soir

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verveine

verveine

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MessageSujet: poésie du soir
poésie du soir I_icon_minipost_participateJeu 10 Mar - 21:21

Je la pris près de la rivière
Car je la croyais sans mari
Tandis qu’elle était adultère
Ce fut la Saint-Jacques la nuit
Par rendez-vous et compromis
Quand s’éteignirent les lumières
Et s’allumèrent les cri-cri

Au coin des dernières enceintes
Je touchai ses seins endormis
Sa poitrine pour moi s’ouvrit
Comme des branches de jacinthes
Et dans mes oreilles l’empois
De ses jupes amidonnées
Crissait comme soie arrachée
Par douze couteaux à la fois
Les cimes d’arbres sans lumière
Grandissaient au bord du chemin
Et tout un horizon de chiens
Aboyait loin de la rivière

Quand nous avons franchi les ronces
Les épines et les ajoncs
Sous elle son chignon s’enfonce
Et fait un trou dans le limon
Quand ma cravate fût ôtée
Elle retira son jupon
Puis quand j’ôtai mon ceinturon
Quatre corsages d’affilée
Ni le nard ni les escargots
N’eurent jamais la peau si fine
Ni sous la lune les cristaux
N’ont de lueur plus cristalline
Ses cuisses s’enfuyaient sous moi
Comme des truites effrayées
L’une moitié toute embrasée
L’autre moitié pleine de froid

Cette nuit me vit galoper
De ma plus belle chevauchée
Sur une pouliche nacrée
Sans bride et sans étriers
Je suis homme et ne peux redire
Les choses qu’elle me disait
Le clair entendement m’inspire
De me montrer fort circonspect
Sale de baisers et de sable
Du bord de l’eau je la sortis
Les iris balançaient leur sabre
Contre les brises de la nuit
Pour agir en pleine droiture
Comme fait un loyal gitan
Je lui fis don en la quittant
D’un beau grand panier à couture
Mais sans vouloir en être épris
Parce qu’elle était adultère
Et se prétendait sans mari
Quand nous allions vers la rivière

Fédérico Garcia Lorca
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Invité

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MessageSujet: Re: poésie du soir
poésie du soir I_icon_minipost_participateVen 11 Mar - 19:54

Verveine, up coeur

_______


ALLONS DANS LE SOIR

Le soir ranime un peu le parfum de ces fleurs.
Si vous le voulez bien, admirons-les ensemble.

Mon cœur est affranchi de ses vieilles douleurs
Et ma sérénité ne veille ni ne tremble.

Il est tant de beauté sur la terre. Voyez,
Elle est belle, comme en sa naissance première.

Voici que, sous nos pas, des astres dévoyés
Jettent, superbement, leurs éclats de lumière.


Voici descendre enfin sur nous la belle nuit
Si douce à qui se meurt, à qui se désespère,

Où notre âme, fluide ainsi qu’une eau, s’enfuit
Sans ancres et sans mâts, et sans points de repère.

Pour ceux qui sont lassés de l’azur et du jour,
Le soir est un asile, un sanctuaire, un temple.

… Pourquoi me parlez-vous d’amour, toujours d’amour ?
Je suis tranquille et suis assise, et je contemple.

Renée Vivien

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Maldoror

Maldoror

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MessageSujet: Re: poésie du soir
poésie du soir I_icon_minipost_participateVen 11 Mar - 20:04

Superbe. J'avais zappé Garcia Lorca et m'en repentis.

up
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verveine

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MessageSujet: Re: poésie du soir
poésie du soir I_icon_minipost_participateVen 11 Mar - 21:10

Au peuple
Il te ressemble ; il est terrible et pacifique.
Il est sous l’infini le niveau magnifique ;
Il a le mouvement, il a l’immensité.
Apaisé d’un rayon et d’un souffle agité,
Tantôt c’est l’harmonie et tantôt le cri rauque.
Les monstres sont à l’aise en sa profondeur glauque ;
La trombe y germe ; il a des gouffres inconnus
D’où ceux qui l’ont bravé ne sont pas revenus ;
Sur son énormité le colosse chavire ;
Comme toi le despote il brise le navire ;
Le fanal est sur lui comme l’esprit sur toi ;
Il foudroie, il caresse, et Dieu seul sait pourquoi ;
Sa vague, où l’on entend comme des chocs d’armures,
Emplit la sombre nuit de monstrueux murmures,
Et l’on sent que ce flot, comme toi, gouffre humain,
Ayant rugi ce soir, dévorera demain.
Son onde est une lame aussi bien que le glaive ;
Il chante un hymne immense à Vénus qui se lève ;
Sa rondeur formidable, azur universel,
Accepte en son miroir tous les astres du ciel ;
Il a la force rude et la grâce superbe ;
Il déracine un roc, il épargne un brin d’herbe ;
Il jette comme toi l’écume aux fiers sommets,
Ô peuple ; seulement, lui, ne trompe jamais
Quand, l’oeil fixe, et debout sur sa grève sacrée,
Et pensif, on attend l’heure de sa marée.

Victor Hugo
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Invité

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MessageSujet: Re: poésie du soir
poésie du soir I_icon_minipost_participateDim 13 Mar - 20:47

LE BANC

Lorsque je vais m'asseoir à mon banc favori,
Qu'il est tard, qu'il fait doux, que selon l'habitude
Mon petit chien me garde avec sollicitude,
Tous les songes aimés dont mon cœur s'est nourri
Reviennent à la fois peupler ma solitude.

C'est comme un bruit lointain de rires et de chants
Qui vibre encor dans ma mémoire trop fidèle ;
C'est comme un vol d'oiseaux, traversant d'un coup d'aile
Les plaines, les cités, les lacs, les monts, les champs,
Et gazouillant : « Allons nous reposer près d'elle ! ».

Ainsi fait le vieillard, l'hiver, au coin du feu,
Quand il écoute en lui son passé ; quand, morose
Il se souvient qu'il fut un enfant blond et rose.
Pour moi, le printemps a des fleurs, le ciel est bleu,
L'heure charmante, et c'est pourtant la même chose.

Louisa Siefert
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verveine

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MessageSujet: Re: poésie du soir
poésie du soir I_icon_minipost_participateDim 13 Mar - 21:32

up merci
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verveine

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MessageSujet: Re: poésie du soir
poésie du soir I_icon_minipost_participateLun 14 Mar - 19:12

J’ai cessé, tu le sais, de croire à bien des choses
Et je m’en suis souvent allé, désabusé.
J’ai vu le vent du nord éparpiller les roses
Et j’ai tant prodigué mon courage qu’usé,
Désillusionné, las, mon cœur a peine à battre.
Plein d’enthousiasme on part, soulevé par l’espoir,
Mais en cours de chemin force est bien d’en rabattre,
Le temps vole et bientôt de la brise du soir
Le souffle vous surprend. Au terme du voyage,
Il n’est pour vous d’accueil, de repos, de pitié :
Rien que le souvenir d’un décevant mirage !
Cependant, malgré tout, je crois à l’amitié.
Mais pour moi l’amitié n’est pas une parole,
Un mot creux qu’on profère à la légère, puis
Que balaie un beau jour un passe-temps frivole.
Pour moi telle qu’hier et telle qu’aujourd’hui
Elle sera demain : puissante, indestructible,
Narguant les traits du sort et les coups du destin,
D’un métal sans fêlure, imbrisable, infusible.
Autre je ne la veux. Comme elle est au matin,
J’entends la retrouver quand le soleil se couche.
Être amis, c’est pour moi se donner tout entier,
D’un don tout à la fois ardent, tendre et farouche ;
Du plus secret de soi ne se rien réserver,
L’un en l’autre nourrir une confiance telle
Que tout devient commun : plaisirs comme douleurs.
Plus de l’adversité la morsure est cruelle,
Plus brûlante la plaie et amères les pleurs,
Plus tenace est l’ami, plus sensible son aide.
Faux amis que l’absence ébranle ou rend moins sûrs,
Que la séparation éloigne ou fait plus tièdes,
Du langage vous souillez le mot le plus pur.
E. Armand,
En captivité, mars 1940
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MessageSujet: Re: poésie du soir
poésie du soir I_icon_minipost_participateMar 15 Mar - 20:00

C'est beau, je ne connaissais pas. star Merci Verveine.
J'en mets deux ce soir, pour la peine. look

_______

Je crois que j’ai dormi parce que je me suis réveillé avec des étoiles sur le visage. Des bruits de campagne montaient jusqu’à moi. Des odeurs de nuit, de terre et de sel rafraîchissaient mes tempes. La merveilleuse paix de cet été endormi entrait en moi comme une marée. À ce moment, et à la limite de la nuit, des sirènes ont hurlé. Elles annonçaient des départs pour un monde qui maintenant m’était à jamais indifférent. Pour la première fois depuis longtemps, j’ai pensé à maman. Il m’a semblé que je comprenais pourquoi à la fin d’une vie elle avait pris un « fiancé », pourquoi elle avait joué à recommencer. Là-bas, là-bas aussi, autour de cet asile où des vies s’éteignaient, le soir était comme une trêve mélancolique. Si près de la mort, maman devait s’y sentir libérée et prête à tout revivre. Personne, personne n’avait le droit de pleurer sur elle. Et moi aussi, je me suis senti prêt à tout revivre. Comme si cette grande colère m’avait purgé du mal, vidé d’espoir, devant cette nuit chargée de signes et d’étoiles, je m’ouvrais pour la première fois à la tendre indifférence du monde. De l’éprouver si pareil à moi, si fraternel enfin, j’ai senti que j’avais été heureux, et que je l’étais encore.

Albert Camus - L'étranger

_______

Il est nuit : trois femmes sont là ;
L'une d'elles tristement rêve ;
L'autre chante, et sa chanson va
Se mêler au vent qui s'élève.
La troisième, aux noirs et longs yeux,
Interroge les flots qui grondent.
Des chœurs d'infini se répondent :
Ce sont de grands bruits sous les cieux !

Vents des mers sur les flots pleins d'ombre,
Retentissez dans la nuit sombre !

Quel rêve peut se mesurer
L'infini qui remplit nos âmes ?
Quelle douleur peut se pleurer
Devant ce brisement des lames ?
Le cœur, autre abîme profond,
Autre solitude sans bornes,
Aime ces grandes rumeurs mornes
Et va plus loin qu'elles ne vont.

Vents des mers sur les flots pleins d'ombre,
Retentissez dans la nuit sombre !

Chants dits tous bas, vagues et doux,
Brises à l'ouragan mêlées,
Bercez-nous l'âme, bercez-nous
Au bord des vagues crénelées.
Notes d'amour et de bonheur
Que murmure une voix légère,
Vous nous révélez l'étrangère
Ame ouverte comme une fleur.

Vents des mers sur les flots pleins d'ombre,
Retentissez dans la nuit sombre !

Vous qui rêvez et qui souffrez,
Vous qui vous souvenez peut-être,
Et vous, enfant, qui célébrez
Votre bonheur encore à naître,
Vous qui méditez loin de tous,
Loin de vous-même, âme rebelle,
Oh ! n'est-ce pas ? la mer est belle
Avec ses bruits roulant vers nous ?

Vents des mers sur les flots pleins d'ombre,
Retentissez dans la nuit sombre !

Augustine-Malvina Blanchecotte - Les militantes
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verveine

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MessageSujet: Re: poésie du soir
poésie du soir I_icon_minipost_participateMar 15 Mar - 20:22

j'aime, merci danaé coeur
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verveine

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MessageSujet: Re: poésie du soir
poésie du soir I_icon_minipost_participateDim 20 Mar - 19:58

Poème un peu subversif

Nos Christs au féminin
1-Femmes aux tatouages sur l’âme
un dragon et une étoile
Clytemnestre, Electre, Virginia Woolf
2- Femmes avec des cicatrices
depuis la naissance qu’elles
vomissent sur la gueule
de ceux qui les ont gravées
3- Femmes suspendues à des crocs
crachant sur ceux qui les chevauchent
4- Femmes étiquetées éliminant
le chiffre sur leur bras
en s’arrachant la peau
5- Femme en garde à vue dans
la salle d’opération chirurgicale
à la cuisine enchaînée
par des menottes, des pansements
ou des couronnes de mariées
6- Femmes à la tête
dans le four à gaz
échappant de l’asphyxie
du confort et de l’éphémère
7- Femmes aux ailes brisées refusant pilules et anesthésie revendiquant leur propre ciel
8- Femme amazone se coupant le sein pour lutter contre les stéréotypes
9- Femmes n’hésitant pas à marcher sur les vagues contre le vent et la pesanteur des normes
10- Femme glissant comme une anguille du filet social de la luxure de l’obéissance et des conventions
11- Femmes s’immolant dans le brasier de l’histoire et d’autres carbonisées au feu d’Eros
12- Femmes recevant par un sanglot le sperme de la peur et accouchant l’extase et l’amour
13- Vieilles femmes sur les dents desquelles coule toute la beauté du monde
14- Femmes qui gardent leurs cuisses serrées mordant leur courroux pour ne pas donner naissance aux soldats de demain
15- Médée transformant sa matrice en rose rouge de passion
16- Femmes entrant en révolution redressant leurs vertèbres telles des colonnes du Parthénon
Tassos Kourakis
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verveine

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MessageSujet: Re: poésie du soir
poésie du soir I_icon_minipost_participateDim 3 Avr - 21:24

Extraits : L’outrage aux mots, Bernard Noel

La censure bâillonne. Elle réduit au silence. Mais elle ne violente pas la langue. Seul l’abus de langage la violente en la dénaturant. Le pouvoir bourgeois fonde son libéralisme sur l’absence de censure, mais il a constamment recours à l’abus de langage. Sa tolérance est le masque d’une violence autrement oppressive et efficace.
L’abus de langage a un double effet : il sauve l’apparence, et même en renforce le paraître, et il déplace si bien le lieu de la censure qu’on ne l’aperçoit plus. Autrement dit, par l’abus de langage, le pouvoir bourgeois se fait passer pour ce qu’il n’est pas : un pouvoir non contraignant, un pouvoir « humain », et son discours officiel, qui étalonne la valeur des mots, les vide en fait de sens - d’où une inflation verbale, qui ruine la communication à l’intérieur de la collectivité, et par la même la censure.
Peut-être, pour exprimer ce second effet, faudrait-il créer le mot SENSURE, qui par rapport à l’autre indiquerait la privation de sens et non la privation de parole. La privation de sens est la forme la plus subtile du lavage de cerveau, car elle s’opère à l’insu de sa victime. Et le culte de l’information raffine encore cette privation en ayant l’air de nous gaver de savoir. Ce processus fait partie de la paupérisation elle aussi très subtile puisqu’elle consiste à donner une aisance qu’elle supprime en créant sans cesse des besoins qui maintiennent l’aliénation,mais en lui ôtant son caractère douloureux.
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glacette

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MessageSujet: Re: poésie du soir
poésie du soir I_icon_minipost_participateMer 6 Avr - 10:28

Merci et grâce à vous s'ouvre le champ...ou le "chant" des possibles


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verveine

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MessageSujet: Re: poésie du soir
poésie du soir I_icon_minipost_participateMer 6 Avr - 18:16

up merci glacette
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glacette

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MessageSujet: Re: poésie du soir
poésie du soir I_icon_minipost_participateVen 8 Avr - 21:41



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MessageSujet: Re: poésie du soir
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poésie du soir

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