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 Saturnien

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AuteurMessage

Hagakure


MessageSujet: Saturnien
Mer 3 Jan - 2:15

Rappel du premier message :

Albrecht Dürer :



Melencolia


le Chevalier, la mort et le diable


Saint Jérôme dans son étude


Apocalypse




"Je n'aime pas entreprendre trop de choses à la fois, pour ne pas en être rebuté."

"Une peinture fait plus de bien que de tort, lorsqu'elle est bien exécutée, avec art et probité."


Goethe a écrit:
Je ne puis dire à quel point je hais nos artistes poudrés peintres de marionnettes : ils ont séduit les femmes avec leurs poses théâtrales leurs visages aux couleurs fausses et leurs vêtements bariolés. O viril Albrecht Dürer, bafoué par les ignorants, combien autrement j'admire tes traits burinés.

Gustav Friedrich Waagen a écrit:
L'admiration se change bientôt en une profonde émotion quand on songe au lieu de quelles navrantes vicissitudes une si étonnante quantité de sublimes conceptions virent le jour. Je comparerais volontiers ce grand artiste à un arbre, qui, poussant sur un sol aride, plus battu qu'il n'est fécondé par le soleil et par la pluie, ne laisse pas de triompher des éléments, grâce à sa robuste nature : sa rude écorce est hérissée de nœuds et de rugosités, mais une sève vigoureuse l'emporte et sa cime se couronne d'un riche et épais feuillage.

Auguste Rodin a écrit:
Albert Dürer, dit-on parfois, a une couleur dure et sèche. Non point. Mais c'est un Allemand ; c'est un généralisateur : ses compositions sont précises comme des constructions logiques ; ses personnages sont solides comme des types essentiels.

En général, on peut dire que, chez les artistes très réfléchis comme ceux-là [Holbein et Dürer], le dessin est particulièrement serré et la couleur est d'une rigueur qui s'impose comme la vérité des mathématiques51.

Johann Gottfried von Herder a écrit:
Parmi toutes les peintures qui se trouvent ici, celles de Dürer m'intéressent le plus; j'aurais aimé être un tel peintre. Il anéantit tout ce qui se trouve autour. Son Paul entre les apôtres, son autoportrait au-dessus de la porte ainsi que son Adam et Ève sont des figures qui demeurent gravées dans l'âme.

Philippe Melanchthon a écrit:
Ce n'est que plus tard, déjà âgé, qu'il avait commencé à observer la nature et à tenir compte de ses manifestations propres; il avait compris que c'est précisément dans cette simplicité que résidait l'honneur de l'art. Comme il n'avait pas pu tout à fait l'atteindre, il n'avait plus, disait-il, admiré ses œuvres comme auparavant, mais il était souvent déçu lorsqu'il regardait ses tableaux et pensait à leurs faiblesses.
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AuteurMessage

Violette

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MessageSujet: Re: Saturnien
Ven 2 Fév - 23:44

Pour Simone de Beauvoir :Je trouve que tout cela reflète bien la triple conjonction saturne/mars/lune àla pointe de la IV/poissons....
Quelle solitude !
"Mais pour moi, liberté, ça veut dire d'abord solitude." c'était pourtant une femme libre, était-ce inconscient ? ...-soleil conjoint /uranus/mercure en capricorne (chez saturne....)


Dernière édition par Violette le Ven 2 Fév - 23:49, édité 2 fois
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Equinox

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En ligne
MessageSujet: Re: Saturnien
Ven 2 Fév - 23:47

J'aime bien la solitude.. Je ne supporte pas être hyper-stimulé. Ce matin, je me suis levé aux aurores pour aller faire des courses et il y avait quand même du monde.. Je suis rentré chez moi au bout de 30 minutes, fatigué, avec cette impression d'avoir couru un marathon.. Et me connaissant, il va me falloir une bonne après-midi pour récupérer.. Pourtant je ne suis pas agoraphobe, j'aime sortir me promener, mais quand il n'y a personne..
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Violette

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MessageSujet: Re: Saturnien
Sam 3 Fév - 0:00

Equinox a écrit:
Pourtant je ne suis pas agoraphobe, j'aime sortir me promener, mais quand il n'y a personne..[/justify]

...mais que fais-tu du ...partage ?
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Equinox

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MessageSujet: Re: Saturnien
Sam 3 Fév - 0:02

Violette a écrit:
Equinox a écrit:
Pourtant je ne suis pas agoraphobe, j'aime sortir me promener, mais quand il n'y a personne..[/justify]

...mais que fais-tu du ...partage ?

Au travail (ce qui prend déjà beaucoup de temps) ou quand je vois ma famille.. Wink
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Violette

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MessageSujet: Re: Saturnien
Sam 3 Fév - 0:05

Equinox a écrit:

Au travail ou quand je vois ma famille..

ouff...cela me rassure....
Tu vis donc des moments de "solitaire" auxquels tu aspires up et qui te sont nécessaires.
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Equinox

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En ligne
MessageSujet: Re: Saturnien
Sam 3 Fév - 0:06

Violette a écrit:
Equinox a écrit:

Au travail ou quand je vois ma famille..

ouff...cela me rassure....
Tu vis donc des moments de "solitaire" auxquels tu aspires up et qui te sont nécessaires.

Bien sûr ! Je ne pourrais pas vivre en "ermite" non plus. La solitude m'est nécessaire et quand je ne suis pas seul, c'est souvent en duo ou trio, que je m'exprime le mieux et suis le plus à l'aise.. En tant qu'éponge émotionnelle, s'il y a trop de personne, ça devient compliqué.. Alors il faut bien se protéger.
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Scorpio_gemini

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MessageSujet: Re: Saturnien
Sam 3 Fév - 11:38

Equinox a écrit:
J'aime bien la solitude.. Je ne supporte pas être hyper-stimulé. Ce matin, je me suis levé aux aurores pour aller faire des courses et il y avait quand même du monde.. Je suis rentré chez moi au bout de 30 minutes, fatigué, avec cette impression d'avoir couru un marathon.. Et me connaissant, il va me falloir une bonne après-midi pour récupérer.. Pourtant je ne suis pas agoraphobe, j'aime sortir me promener, mais quand il n'y a personne..

C'est le sentiment que j'ai ressenti aujourd'hui. La foule, le monde qu'il y a les samedis, c'est réellement oppressant, stressant et irritant... En rentrant chez moi, au bout de deux heures (même si j'aime bien me balader pour m'aérer) je me sentais exténuée. En plus les gens font de plus en plus preuve d'incivisme, d'irrespect, sans parler des odeurs, du manque d'air...  triste
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Hagakure


MessageSujet: Re: Saturnien
Sam 3 Fév - 22:37

Bonjour Violette,

Simone de Beauvoir était plutôt une Saturnienne de type avide, revendicatrice, qui comble le manque par l’excès, voulant tout pour finir par se sentir "flouée" à la fin de sa vie.

A l'inverse de Schopenhauer, qui prône le renoncement au désir/vouloir-vivre. "Il n'avait aucune espérance, mais voulait la vérité" (Nietzsche).

Ce sont deux expressions d'une même tendance saturnienne.
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Violette

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MessageSujet: Re: Saturnien
Sam 3 Fév - 22:49

Ok, merci Hagakure.
Simone de Beauvoir, une certaine "révolutionnaire", rebelle à son...éducation-celle de l'époque !- (saturne).....
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Hagakure


MessageSujet: Re: Saturnien
Lun 5 Fév - 22:32

Quand Saturne et Pluton se donnent la main :

Alberto Martini :














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Hagakure


MessageSujet: Re: Saturnien
Lun 12 Fév - 23:48

Philippe Labro :



"Mais faire semblant tout de même ! Par je ne sais quel réflexe d'orgueil, la peur de ne pas être à la hauteur de ce que je crois qu'on attend de moi, je vais m'accrocher à mon travail, au bureau, aux horaires et aux réunions. Je vais faire semblant d'être "opérationnel". Peut-être ai-je commis une erreur. J'aurais peut-être du tout lâcher et dire : "Voilà, je suis malade, je prends un congé, débrouilliez-vous sans moi, je vais me faire soigner". Mais d'abord, je n'avais pas encore admis et accepté que j'étais malade. Je n'arrivais d'ailleurs pas à définir la maladie. Il faut sauver la face, sauver le job aussi, peut-être ?"

"Leurs visages et leurs expressions m'échappent, m’indiffèrent. Rien ne m’intéresse que la douleur qui est en train de m'isoler et dresser un mur de verre entre les autres et moi."

"Le déprimé ne voit rien et ne retient rien d’autre que l’image de sa détresse, l’autoportrait de son autodestruction."

"Il semble que je plonge un peu plus dans cette souffrance quotidienne, inconcevable pour celui qui ne l'a pas vécue."

"Il y avait ce vide total, cette perte de perspective, toute projection dans l'immédiat, il y avait une peur absolue de tout et l'aveuglante certitude d'une absence de solution. Aucune pensée construite, aucune capacité de réfléchir à ce qui était en train de m'arriver."

"Un soir d'été 1964, au stade olympique de Tokyo, lors des derniers Jeux olympiques innocents, alors que j'affichais une mine mélancolique, Jean Eskenazi vint s'asseoir à mes côtés : Tu sais ce que Flaubert a dit à Maupassant ? Prenez garde à la tristesse, c'est un vice."

"L’exercice de la pudeur – ce mouvement du cœur qu’on juge parfois comme une faiblesse de caractère mais que j’enregistrais comme une force."

"J'ignore si c'est une vérité universelle, mais c'est celle de Netka : moins tu as été aimée, plus tu as été abandonnée, plus tu aimeras, plus tu accueilleras."

"J'avais appris très tôt, grâce à quelques mentors, l'exercice de l'entretien. Il faut respecter les silences, quitte à les prolonger, car celui que vous interrogez finira par les rompre et ira plus loin, plus profond. Il faut creuser la question par rapport à la réponse donnée et ne jamais perdre le fil et s'égarer en posant une question différente, simplement parce que vous l'aviez programmée auparavant. C'est un défaut des interviewers qui ont enregistré leur liste de questions dans un coin de leur tête."

"Le déprimé est fondamentalement un égoïste, autocentré, il ne s'intéresse qu'à sa maladie, il est incapable de se mettre à la place des autres. Il ne connait plus l'affection. Il est même d'une certaine façon amoureux de sa propre dépression."

"J’occupe le coin extrême du canapé du salon dont j’ai fait mon point fixe, ma base, mon refuge. D’une manière générale, maintenant, je ne me sentirai à peu près à l’aise que dans certaines parties de l’appartement et pas d’autres. Certains meubles semblent sûrs et fiables, pas d’autres."

"Il y a combien de larmes dans un corps ?"

"Moi, des cadeaux, ma mère elle doit m'en faire chaque fois qu'elle m'a fait une promesse qu'elle a pas pu tenir."

"Ma mère est un bloc d’orgueil et de ténacité, un bloc du refus de se plaindre et d’apitoyer les autres."

"L’orgueil, ou plutôt la fierté l’ont poussée à tout taire. Elle avait honte de révéler son histoire à ses enfants. Et honte d’avoir eu honte. Il est des moments qui ne durent pas plus d’un moment et qui durent le reste d’une vie."

"L'inquiétude du bonheur, cela veut dire quoi, précisément ? Ça veut dire, vraisemblablement, avoir dépassé l'angoisse de ne pas être aimée, et avoir, désormais, 'les cheveux dépeignés' par un homme qui est venu chambouler votre existence et s'interroger sur la durée de cet amour."

"Mon dieu quelle chance vous avez ! Vous n'avez pas encore subi une seule fois les affres de l'amour ni goûté aux sortilèges du sexe. Connaissez-vous seulement ce qui se cache derrière les mots hypocrisie, passion, infidélité, mensonge, extase et néant après l'extase, invective, rancune, jalousie, solitude, gaspillage, frivolité, mépris, transgression et vengeance ? So-li-tu-de ! Que savez-vous donc de tout cela ? quel est le sens des sentiments ? Quel est le sens des sens ?"

"Tout amour vaut mieux que le manque d'amour."

"Et cet invisible travail qu'effectue le temps et qu'on appelle l'habitude vous impose, sans que vous l'ayez envisagé ou souhaité, une lassitude de ce qui vous semblait, hier, exceptionnel et devient, aujourd'hui, plus prévisible, moins précieux, plus périssable."

"Car le seul vrai luxe que je me sois accordé dans la vie, c'est de prendre mon temps."

"Le chat Simon, lui, il ne me parle pas encore. Il est encore trop jeune. On se connaît pas bien et ça va nous prendre du temps. L'amour, ça prend du temps."

"Tu apprendras d'elle." Quel est l'héritage d'une dépression ? Qu'ai-je reçu que je n'avais pas ou que j'avais oublié ?
Un peu plus de modestie, une forte dose du sens de la relativité des choses, la conscience que ta douleur ne pèse d'aucun poids par rapport à celle de tant d'autres. Le simple recul d'un demi-millimètre sur toi-même, et tu mesures à quel point tes plaintes et souffrances n'étaient que pleurnicheries, eu égard à la misère absolue des condamnés de cette terre."

"Il existe une indescriptible allégresse intérieure à ressentir que votre volonté l'a emporté sur votre démon et que l'estime de soi est revenue, que vous en savez un peu plus sur vous même. Et que ce nouveau savoir constitue une force. Puisque, au-delà de l'estime de soi, vient poindre, comme une lumière pour définitivement tuer la nuit, la maitrise de soi."

"Lorsqu'on me demande :"Comment avez-vous réussi à en sortir ?" La modestie et l'humilité, autant que l'honnêteté, qui doivent habiter chaque rescapé d'une dépression nerveuse, chaque survivant de la "brisure vers le bas" m'amènent à répondre : "Il vaudrait mieux formuler la question autrement. Je n'ai pas "réussi" à en sortir. Ce n'est pas une réussite. C'est la fin d'un échec."
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Violette

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MessageSujet: Re: Saturnien
Mar 13 Fév - 1:46

en effet, saturnien.....mais d'où vient cette "douceur" (enfin, il me semble) sur son visage qui le rend moins ...saturnien ? la lune, RKS sur le noeud nord en capricorne ? saturnien par saturne sur l'ascendant...poissons ? saturne = régent karmique nord....
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Hagakure


MessageSujet: Re: Saturnien
Mar 13 Fév - 11:03

Je ne sais pas trop, par contre je trouve au personnage un aspect neptunien sous certains aspects.
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Violette

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MessageSujet: Re: Saturnien
Mer 14 Fév - 0:34

Hagakure a écrit:
Je ne sais pas trop, par contre je trouve au personnage un aspect neptunien sous certains aspects.

Sans doute tu "vois" sa conjonction neptune/vénus opposée à son ascendant poissons ? ceci astrologiquement, car moi en morphologie du visage, sa zone frontale me paraît très très grande (même avec un peu de calvitie) fait donc évoquer une très grande imagination ....
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Equinox

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MessageSujet: Re: Saturnien
Mer 14 Fév - 21:41

Hagakure a écrit:
Je ne sais pas trop, par contre je trouve au personnage un aspect neptunien sous certains aspects.

En même temps il est Asc Poissons et en plus, Neptune maître de son Asc est en conjonction0° au DSC.. Donc, c'est normal et pas trop étonnant.. C'est à la base un Asc Poissons qui est simplement Saturnisé, ce qui ne change pas la signification totale de l' Asc , mais apporte une nuance à ce dernier.


Dernière édition par Equinox le Mer 14 Fév - 21:59, édité 1 fois
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ceyba

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MessageSujet: Re: Saturnien
Mer 14 Fév - 21:56

Equinox a écrit:

un côté Jupitérien refoulé

laugh tu me fais rire equinox
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Equinox

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MessageSujet: Re: Saturnien
Mer 14 Fév - 21:58

J'ai supprimé, sinon ça va encore être mal interprété.
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ceyba

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MessageSujet: Re: Saturnien
Jeu 15 Fév - 0:07

Embarassed désolé Equinox là n'était pas mon intention
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Hagakure


MessageSujet: Re: Saturnien
Ven 16 Fév - 23:50

Jules Vallès :



"A tous ceux qui crevèrent d'ennui au collège ou qu'on fit pleurer dans la famille, qui, pendant leur enfance, furent tyrannisés par leurs maîtres, ou rossés par leurs parents, je dédie ce livre."

"Je ne sais pas ce que c'est que la liberté, moi, ni ce que c'est que la patrie. J'ai toujours été fouetté, giflé, - voilà pour la liberté ; - pour la patrie, je ne connais que notre appartement où je m'embête, et les champs où je me plais, mais où je ne vais pas."

"Être libre ? Je ne sais pas ce que c'est, mais je sais ce que c'est d'être victime, je le sais, tout jeune que je suis."

"On n'a jamais l'âge de son enfance. Elle vient trop tôt, et nous trop tard. Irréparablement."

"J’avais pour amis Crusoé et Vendredi. A partir de ce moment, il y eut dans mon imagination un coin bleu, dans la prose de ma vie d’enfant battu la poésie des rêves, et mon cœur mit à la voile pour les pays où l’on souffre, ou l’on travail, mais où l’on est libre."

"Ai-je été nourri par ma mère ? Est-ce une paysanne qui m’a donné son lait ? Je n’en sais rien. Quel que soit le sein que j’ai mordu, je ne me rappelle pas une caresse du temps où j’étais tout petit : je n’ai pas été dorloté, tapoté, baisotté ; j’ai été beaucoup fouetté."

"Ma mère dit qu’il ne faut pas gâter les enfants, et elle me fouette tous les matins ; quand elle n’a pas le temps le matin, c’est pour midi, rarement plus tard que quatre heures."

"Ma mère apparaît souvent pour me prendre par les oreilles et me calotter. C'est pour mon bien ; aussi, plus elle m'arrache de cheveux, plus elle me donne de taloches, et plus je suis persuadé qu'elle est une bonne mère et que je suis un enfant ingrat"

"Il faut bien avouer que ma mère est logique. Si on bat les enfants, c'est pour leur bien, pour qu'ils se souviennent, au moment de faire une faute, qu'ils auront les cheveux tirés, les oreilles en sang, qu'ils souffriront, quoi !... Elle a un système, elle l'applique. Je suis tombé sur une mère qui a du bon sens, de la méthode."

"Je regarde avec admiration ce trapèze et cette balançoire ; seulement il m’est défendu d’y monter. C’est ma mère qui a recommandé aux parents du petit garçon de ne pas me laisser me balancer ou me pendre. (…) J’en vois d’autres, pas plus grands que moi, qui se balancent aussi. Ils se casseront donc les reins ? Oui, sans doute ; et je me demande tout bas si ces parents qui laissent ainsi leurs enfants jour à ces jeux-là ne sont pas tout simplement des gens qui veulent que leurs enfants se tuent. Des assassins sans courage ! des monstres ! qui, n’osant pas noyer leurs petits, les envoient au trapèze - et à la balançoire ! Car enfin, pourquoi ma mère m’aurait-elle condamné à ne point faire ce que font les autres ?"

"C'est ainsi qu'on n'est point sûr du cœur des siens et qu'on craint de les irriter par les explosions de sa tendresse : instinctivement, on sent qu'il ne faut pas à ces douleurs un accueil cruel, le cœur ne saurait l'oublier et il garderait, noire ou rouge, une tache ou une plaie, une tristesse ou une colère.
Aussi, on hésite, on recule !"

"Je fais l'enrhumé pour expliquer l'humidité de mes yeux, et j'éternue pour cacher que j'allais sangloter. Cela m'arrivera plus d'une fois. Je couvrirai eternellement mes émotions intimes du masque de l'insouciance et de la perruque de l'ironie."

"J’ai eu faim si longtemps !
J’ai si souvent serré mes côtes, pour étouffer cette faim qui grognait et mordait mes entrailles j’ai tant de fois brossé mon ventre sans faire reluire l’espoir d’un dîner, que je trouve une volupté d’ours couché dans une treille à pommader de sauce chaude mes boyaux secs.
C’est presque la joie d’une blessure guérie à chatouiller."

"Le spleen ronge, avec la gloutonnerie d’un cancer, la place où jadis ils croyaient avoir une âme, et fait monter la nausée du dégoût jusqu’à leurs narines, qui palpitèrent aux odeurs d’encens. Faute de ce parfum, il leur fallait le parfum de la poudre… or, l’air n’est chargé que de torpeur et de couardise ! Ils se débattent quelque temps encore ; un beau soir, ils avalent du poison pour crever comme les êtres qui n’ont pas d’âme !"

"Chez moi, je n'ai jamais vu pleurer, jamais rire : on geint, on crie. C'est qu'aussi mon père est un professeur, un homme du monde, c'est que ma mère est une mère courageuse et ferme qui veut m'élever comme il faut."

"Je n'ai pas encore été moi sous la calotte du ciel. j'ai toujours étouffé dans des habits trop étroits et faits pour d'autres, ou dans des traditions qui me révoltaient ou m'accablaient. Au coup d'Etat, j'ai avalé plus de boue que je n'ai mâché de poudre. Au lycée, au quartier Latin, dans les crèmeries, les caboulots ou les garnis, partout, j'ai eu contre moi tout le monde ; et cependant j'étreignais mon geste, j'étranglais ma voix, j'énervais mes colères..."

"J'ai d'abord à briser le cercle d'impuissance dans lequel je tourne en désespéré!"

"C'est pendant des années de bûchage sans espoir et sans horizon que j'ai été brave."

"A tous ceux, qui nourris de grec et de latin, sont morts de faim!"

"Je puis penser, causer avec moi, ce sont mes seuls moments de grand silence. Je ne suis pas distrait par le bruit de la foule où ma timidité m’isole, je ne suis pas troublé par les bruits de dictionnaires, ni les récits de grand concours."

"Tous les employés qui n’ont pas filé sur Versailles, depuis le chef de bureau en redingote râpée jusqu’au garçon en livrée cossue, ont peur de cet homme qui fusille ainsi l’orthographe, qui colle Noël et Chapsal au mur. Il a peut-être –qui sait !- le même mépris de la vie humaine !"

"Je peuple l’espace vide de mes pensées, tout comme il peuplait l’horizon de ses craintes ; debout contre cette fenêtre, je rêve à l’éternelle solitude et je me demande où je ferai pousser du pain…"

"Oui, il m'arrive au coeur des bouffées de regret - le regret de ma jeunesse sacrifiée, de ma vie livrée à la famine, de mon orgueil livré aux chiens, de mon avenir gâché pour une foule qui me semblait avoir une âme, et à qui je voulais faire, un jour, honneur de toute ma force douloureusement amassée."

"C'était mon livre, le fils de ma souffrance, qui avait donné signe de vie devant le cercueil du bohème enseveli en grande pompe et glorifié au cimetière, après une vie sans bonheur et une agonie sans sérénité."

"Il me semble qu'il me restera toujours, de ma vie d'enfant, des trous de mélancolie et des plaies sensibles dans le cœur!"
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Saturnien

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